5 arguments à donner à ton mononcle misogyne

On peut tou.te.s s’entendre pour dire que la lutte contre le harcèlement et contre la culture du viol est un sujet d’actualité. Et c’est une bonne chose! Si tu n’en as pas encore entendu parler, ouvre la télévision à ton poste préféré, genre TVA Nouvelles (ou pas), et tu vas connaître l’ampleur de la situation assez vite. La misogynie existe encore en 2018. 

Tu vas te rendre compte que le mouvement féministe fait de plus en plus de bruit et atteint de plus en plus de monde, et c’est parfait comme ça! Mais, qui dit plus de bruit et plus de popularité dit aussi quelques personnes « pas bin bin contentes ». Quand on parle plus fort, on se fait entendre par plus de monde. On se fait aussi détester par plus de monde. C’est ça, la vie.

Comment faire pour trouver un juste milieu entre la passivité et un militantisme impossible à comprendre pour des personnes qui ne sont pas vendues à la cause comme ton mononcle grincheux? Bonne question! J’imagine qu’il n’y a pas de solution miracle. Mais il n’y a rien de mieux que de parler pour se faire entendre. C’est une solution simple et facile qui fonctionne depuis longtemps. En plus, ça coûte pas cher. Alors, allons-y! Parlons.

Quand on parle de misogynie, on ne parle pas nécessairement du stéréotype « les femmes font la vaisselle et le ménage pis les hommes ramènent l’argent à la maison ». Non. On s’entend, on n’est plus en 1907. Y’a plus personne qui pense ça, sauf peut-être pépé dans sa chaise berçante… Aujourd’hui, la misogynie est pas mal discrète. On ne la discerne plus clairement, mais on peut quand même la sentir. Ce n’est peut-être même pas volontaire de la part de certains hommes – et parfois tristement des femmes –; c’est juste comme si c’était ancré en eux sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte. C’est un petit côté du grand-papa ou de l’arrière grand-papa qui subsiste à travers les années, j’imagine.

Tsé, ton oncle ronchon qui lance toujours deux ou trois blagues un peu trop sexistes pendant les repas de famille? C’est de lui qu’on parle. Tout le monde s’accorde à le dire: « c’est drôle au début, mais ça devient vite gênant ». Mais comment lui dire que tu commences à être à boutte? Tu pourrais lui dire « Mononcle, #SANSOUIC’ESTNON, ok?!». Mais je ne suis pas sûre qu’il comprendrait le hashtag.

Faque, vu qu’on est bin gentilles et qu’on est soucieuses du bon déroulement de ton prochain souper de famille,  on t’a préparé une petite liste d’arguments pour que tu puisses t’expliquer avec tonton grincheux et toute la famille sans te faire déshériter.

1. Non, les féministes ne veulent pas prendre le pouvoir sur les hommes.

Celle-là, t’as dû l’entendre une couple de fois. Parce que oui, il y a bien du monde qui pense que les femmes veulent « prendre leur revanche » sur les dernières décennies/siècles/millénaires de domination subie. Mais ce n’est pas ça, être féministe en 2018…. Il n’est pas question d’une revanche menée par une rancœur qui traîne depuis les années ‘20… Vraiment pas. Tu peux dire à ton mononcle que s’il appuie la cause du féminisme, il ne fera pas en sorte que les femmes domineront le monde. Au contraire! L’égalité, c’est une affaire de compromis: ce qu’on veut, ce n’est pas de virer tous les hommes qui dirigent des entreprises pour les remplacer par des femmes. On veut juste qu’autant de femmes que d’hommes occupent ces postes. Puis ça, c’est un exemple parmi tant d’autres. On peut y arriver de différentes façons, et c’est pour ça qu’on est là: pour dis-cu-ter, cal-me-ment.

2. Non, les femmes n’ont pas besoin d’être sauvées.

Tu sais, on n’est pas des petites filles ultra émotives et fragiles qu’il faut protéger. On est capables de lever une boîte. Et de tuer une araignée. Et on peut même travailler sur un chantier de construction, si ça nous tente! Impressionnant, hein? Les hommes n’ont pas besoin de se sentir obligés de nous protéger comme si on était des petites perles rares. Comme dit ma grand-mère: « on est bonnes, on est belles, on est capables! ». En plus, cette situation-là fait du tort aux hommes, aussi. Ça fait en sorte que, quand un gars pleure, les gens se disent: « OMG, un gars qui pleure! »… Comme si c’était « moins mâle » pis qu’il fallait noter cet évènement-là dans notre calendrier.

3. Non, il n’y a pas de tâches typiques de femmes et d’hommes.

Des tâches, c’est pour tout le monde. On n’aime pas plus ça que les hommes, passer la balayeuse ou faire la vaisselle. À la maison, c’est moitié-moitié! Je fais le souper, tu fais la vaisselle. Tu fais le souper? Je peux passer la tondeuse, si tu veux! Je peux même changer le globe de la lampe du salon qui a brûlé. Et ça marche aussi en famille! Papa peut changer les couches, ou rester à la maison quand les enfants sont malades. Et dans l’autre sens, maman peut se charger des leçons de conduite, mais aussi partir en voyage pour son travail… C’est normal. On est au XXIème siècle…

4. Oui, il y a une différence entre harceler et draguer.

Toi aussi, tu l’as entendue, l’affaire Weinstein & co. (le dude qui a peur qu’on aseptise les relations homme-femme, qu’on finisse dans une société puritaine, bla-bla-bla). Mais non, ne t’inquiète pas… Ce n’est pas le puritanisme qu’on veut, mais une libération sexuelle: la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux. Une « révolution du désir » (c’est pas moi qui l’ai dit, c’est Nathalie Portman). Y’a pas d’mal à séduire, draguer ou flirter, que tu sois un gars ou une fille; tant que ça rentre dans une situation et une structure de respect, et non de domination. Voilà.

5. On a tout à gagner à atteindre l’égalité.

Et quand je dis « on », c’est toi, moi, nous et ton mononcle grincheux. Si ta blonde et toi, vous travaillez tous les deux, et qu’elle gagne la même chose que toi, bin vous aurez plus d’argent. Si une fille peut coucher avec un gars dès le premier soir, sans craindre pour sa réputation, tout le monde est content. Parce qu’on sait tou.te.s que c’est politically correct pour un gars de faire ça, mais pour une fille… Ouch! (Faut que ça change, cette façon de penser là. Sérieux.) Le féminisme, ça veut aussi dire que ta blonde peut payer ta facture au resto ou t’inviter au cinéma. Ou même t’offrir des fleurs. C’est tu pas assez merveilleux, ça! Se faire payer le resto par une fille, ou recevoir des beaux petits cadeaux; simplement parce que ce n’est pas juste au gars d’être attentionné.

« Faque, mononcle, toujours adepte de la misogynie ? »

Si tu veux aller plus loin, voilà quelques ressources (sur le campus et ailleurs) qui te permettront de le faire.

Sans oui, c’est non!, la campagne qui vise la prévention du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles auprès des communautés universitaire et collégiale

• Le Bureau d’intervention en matière de harcèlement à l’UdeM (BIMH)

Bloqués #14 – Le féminisme; ou comment convaincre les moins convaincu.e.s d’être féministes (en moins de 3 minutes)

Tea consent – VOST FR: le consentement sexuel, clarifié et expliqué

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Claire

Claire

Baccalauréat en science politique

Me voilà étudiante française à la découverte du Québec, de l’université et des aléas de la vie étudiante. Jamais rassasiée, je suis constamment en recherche de nouvelles expériences, de rencontres impromptues. En six mois à Montréal, ma curiosité et mon enthousiasme m’ont poussée à m’impliquer dans une multitude de projets, à l’université et ailleurs. Je pense que rien n’est impossible, tant qu’on est assez fou pour y croire.

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