Survivre sans ordi?

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À peine sorti.e du Cégep, ou en train de faire un retour aux études, l’étudiant.e non-aguerri.e se trouve devant une myriade de nouveautés. Parmi celles-ci, un dilemme intellectuo économique demeure : acheter ou ne pas acheter un ordinateur pour ses cours?

La question mérite d’être posée, et déjà beaucoup d’encre a coulé pour savoir si l’ordinateur — et la technologie plus largement — est utile à la réussite ou bien nocif pour le développement intellectuel. L’idée de cet article n’est pas de convaincre les uns ni les autres, car l’étudiant moderne est, d’après moi, plus que compétent pour déterminer sa méthode d’apprentissage par excellence.

En outre, bien que de nombreuses études aient été faites sur le sujet, force est de constater que peu d’étudiants s’y fient et vont selon leurs propres idées. Majoritairement, il semble que les études pédagogiques aient convaincu l’opinion publique dans un sens : utiliser un ordinateur en classe nuit à l’apprentissage. Pourquoi ces conclusions ? Simplement parce que, en moyenne, les étudiants ayant utilisé la technologie en classe ont obtenu de moins bons résultats que leurs collègues qui en étaient dépourvus. De fait, l’ordinateur constitue une source de distraction, et la prise de note avec le bon vieux papier-crayon facilite l’enregistrement et la synthèse des informations. Je ne peux m’empêcher de faire remarquer qu’il s’agit ici d’une corrélation, car il est possible que la relation soit inverse : les étudiants ayant plus de facilité à l’école choisissent par défaut le papier.

« Ces étudiants sont-ils pour autant des cancres ? Sûrement pas. Sont-ils parfois distraits ? Bien sûr. »

Moi qui effectivement prends mes notes « à la mitaine », je suis quand même étonné de voir à quel point mes camarades utilisent ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents en classe, que ce soit pour le cours ou pour vagabonder ailleurs, et ce malgré les idées reçues.

Ces étudiants sont-ils pour autant des cancres ? Sûrement pas. Sont-ils parfois distraits ? Bien sûr. Moi-même j’ai parfois apporté mon ordinateur en classe, et je fus pris au piège malgré moi, me surprenant à aller sur Facebook, à lire des articles, à jouer (mea culpa, profesor) ou à faire n’importe quoi sauf écouter.

Et puis, soudainement, il s’avéra que je perdis mon ordinateur (je vous épargne les détails). Par défaut, je dus me résoudre au papier.

Cet article est-il donc une mise en garde ou un éditorial ? Peut-être, mais j’ai surtout envie d’analyser l’enjeu du point de vue de l’étudiant, à savoir la polyvalence d’un outil par rapport à son coût.

Qu’on le veuille ou non, l’enseignement universitaire actuel exige de plus en plus l’utilisation de la technologie, que ce soit pour avoir accès aux présentations, aux lectures, pour effectuer des recherches, pour communiquer avec les collègues, le patron ou les enseignants, etc. La réponse se situe sans aucun doute dans l’affirmative : oui, à l’Université de Montréal, nous avons besoin d’un ordinateur.

La nuance se situe toutefois dans son lieu et son moment d’utilisation. Il est tout à fait possible de se passer de technologie en classe (je l’ai fait pendant un baccalauréat complet). Il devient plus facile de synthétiser l’information et de suivre le professeur, du moment qu’il n’est pas trop soporifique. Hors des cours, nul besoin d’avoir absolument un ordinateur portable. En effet, ceux-ci sont toujours plus chers que les ordinateurs fixes, et souvent moins performants. De plus, l’ordinateur fixé chez soi permet d’éviter d’emmener toute distraction lorsque l’on lit à la bibliothèque.

Si l’on revient strictement à l’argument économique, il va de soi que l’ordinateur représente une certaine dépense, qui s’ajoutera souvent au loyer et aux frais de scolarité. Ainsi, je vais vous apprendre mon secret le mieux gardé : il existe des ordinateurs dans toutes les bibliothèques. Ils sont faciles d’accès, et sont munis de tous les logiciels nécessaires pour les études, mais relativement dispendieux : la suite Office ainsi qu’Antidote.

Enfin, soulignons qu’utiliser un ordinateur à la bibliothèque offre une contrainte psychologique selon laquelle on se sent soudainement mal de vagabonder sur Facebook ou toute autre page non universitaire. On perd ainsi moins de temps et moins d’argent.

En somme, répondons de deux façons à la problématique initiale. Oui, il est nécessaire d’utiliser un ordinateur à un moment ou à un autre lors de nos études universitaires. Toutefois, non, il est n’est pas obligatoire que cet ordinateur soit le nôtre. L’Université de Montréal investit massivement dans la technologie, et je vous encourage fortement à utiliser celle des bibliothèques.

Profitez-en pendant que c’est gratuit. D’ici là, bonne réflexion et bonne rentrée.

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

J’ai cette tendance à écrire de long en large, ce qui témoigne sûrement du poète qui sommeille en moi. Un poète international, cela dit, ne pouvant s’empêcher de le montrer. Si j’use de beaucoup de mots, ce n’est que pour mieux me défendre, et je garde toujours en tête ces phrases : fais ce que tu dis; dis ce que tu penses; pense avec raison. Sur cette touche philosophique, mon Yin serait la patience, mon Yang l’impulsivité.
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