Combat des quartiers : Villeray, roi des villes

Au cours des dernières semaines, mes collègues Riccardo et Alex se sont efforcés, autant que faire se peut, de nous convaincre des qualités de leurs quartiers respectifs. Toutefois, alors que Villeray fait son entrée fracassante dans l’arène du Combat des quartiers, force est de constater que leur détermination candide aura été insuffisante.

Vers la fin du 19e siècle, alors que Villeray n’était encore qu’une modeste bourgade agraire, les habitant.e.s de ce quartier — principalement des agriculteurs.trices — étaient sûrement loin de se douter que ce coin de pays sans prétention deviendrait un jour le royaume du Spikeball, de la crème glacée molle et des escaliers en colimaçon. De nos jours, Villeray n’a plus rien à envier aux autres quartiers. Bien au contraire, c’est plutôt lui qui fait maintenant tourner toutes les têtes.

Être Villerois.e

Vivre à Villeray, c’est avant tout embrasser un mode de vie, adopter le rythme propre à ce quartier unique. C’est s’inscrire dans une communauté de voisin.e.s qui se saluent et s’entraident. C’est aussi être plongé.e quotidiennement dans une oasis enchanteresse au cœur de la métropole.

Il y règne une atmosphère de jovialité et de camaraderie qui fascinera quiconque y met les pieds. Une courte marche dans ses rues animées, ses ruelles colorées et ses parcs verdoyants suffira à confondre les sceptiques. Il y fait si bon vivre que celles et ceux qui goûtent à ses charmes ne s’en affranchissent que difficilement. À vrai dire, même pendant les pires canicules, Villeray trouve toujours le moyen de rester «cool».

Ayant moi-même élu domicile dans ce quartier, c’est sans hésiter que j’ai accepté d’«aller au batte» pour Villeray dans le cadre du Combat des quartiers. Mes adversaires n’ont qu’à bien se tenir!

Pour l’histoire courte

C’est au début du 20e siècle que les fermes qui jonchaient l’ancien village ont commencé à être prises d’assaut par des familles d’ouvriers.ères entrainées par la nouvelle desserte de transport en commun offerte par le regretté tramway de Montréal. Il faudra toutefois attendre l’après-guerre pour assister à la construction des multiplex qui font maintenant le bonheur de nombreux étudiant.e.s qui y établissent leur colocation.

La vie de parcs

S’il est parfois difficile de trouver des espaces verts en ville, ce n’est heureusement pas le cas à Villeray où les parcs foisonnent. Bien sûr, le parc Jarry vole définitivement la vedette avec ses 36 hectares, sa riche biodiversité et ses nombreuses installations sportives.

Tu peux dire adieu à ton abonnement au gym puisque le parc Jarry est l’endroit parfait pour faire son jogging ou organiser une partie d’Ultimate entre ami.e.s. Pendant la saison froide, il est même possible d’y pratique le ski de fond où de patiner sur le marais. Parlant de sports, les adeptes de tennis seront heureux d’apprendre que c’est là que se tient chaque année le Tournoi de tennis du Canada. Par le passé, le parc a aussi servi de domicile aux feus Expos de Montréal avant qu’ils ne déménagent au Stade olympique en 1976.

Si tu es plus du genre contemplatif que sportif, tu seras tout de même comblé.e. Ouvre les yeux et tend l’oreille, la nature s’occupe du reste. La vie sauvage qui habite le parc n’aura plus de secret pour toi après que tu te sois laissé guider par l’audiovisite disponible gratuitement en ligne.

Ce n’est pas tout! En fin d’après-midi, le parc est pris d’assaut par les Montréalais.es qui s’y rassemblent autour de boissons rafraîchissantes afin d’exorciser leur dure journée de travail. Tu n’auras jamais vu autant de jeux de Spikeball, de chemises à manches courtes rétro et de lunettes de soleil de style Viper.

Pour la petite histoire, le parc Jarry a été créé afin de favoriser la pratique d’activités saines à l’extérieur lors du boom démographique du début du 20e siècle. C’est entre autres Raoul Jarry, alors échevin de Villeray, qui proposera l’acquisition du terrain par la Ville de Montréal. Le terrain devra être loué à la Stanley Clark Bagg pendant 20 ans avant d’être finalement acheté en 1945. Merci Raoul!

Bien que moins connus des néophytes, les autres parcs de Villeray regorgent aussi de petites merveilles. Tu apprécieras te recueillir au cœur du décor bucolique du parc De Normanville ou encore assister à une authentique partie de Bocce au parc de Turin baptisé en l’honneur du centenaire de l’unification de l’Italie.

Quand l’appétit va, tout va

Nul doute que l’une des forces de Villeray réside dans ses commerces de proximité où il est facile de se procurer tout ce dont le commun des mortels a besoin, et ce, à distance de marche.

Cette logique s’applique bien sûr au secteur de la restauration qui connaît actuellement une effervescence impressionnante dans le quartier. Mon coup de cœur est définitivement la buvette Lundis au soleil où tu pourras déguster un menu simple, mais audacieux, toujours concocté à partir de produits frais. Si tu es de passage au parc Jarry, pourquoi ne pas faire un petit détour au Knuckles Cantine & Vins pour une fringale végane réconfortante? Croque l’un de leur panzerotti et laisse-toi attendrir par l’équilibre harmonieux entre sa pâte croustillante et son cœur fondant de tomates et de fromage.

Pour le dessert, rends-toi au Archicrème ou chez Les Givrés pour déguster des crèmes glacées succulentes qui valent bien la longue file d’attente.

Termine la soirée en beauté à la microbrasserie ETOH pour déguster une bonne bière produite sur place ou au bar Huis Clos pour essayer des cocktails innovants.

Au pays de l’or noir

Les étudiant.e.s seront heureux.ses d’apprendre qu’il y a autant de cafés que de dépanneurs dans le quartier. Au Saison des pluies, tu trouveras toute la concentration et la caféine dont tu as besoin pour terminer ta dissertation. Pour sa part, le Café Ferlucci offre une ambiance chaleureuse au carrefour de la nostalgie et de l’originalité.

Les loyaux amateurs de caffè trouveront refuge au Baristello, authentique café italien où l’on ne prend pas le temps de s’asseoir pour déguster son espresso. Vas-y plutôt d’une courte discussion avec les habitué.e.s regroupé.e.s devant l’enseigne le temps d’avaler la boisson sacrée.

Mon collègue Riccardo, qui nous présentait récemment les vertus de la Petite-Italie, sera sûrement mécontent d’apprendre que le meilleur restaurant italien de Montréal n’est nul autre que Moccione et qu’il se trouve sur la rue Villeray (pas la peine de me prendre au sérieux, je fais mon p’tit baveux). L’offense est double puisqu’il suffit de marcher encore quelques pas sur cette même rue pour déguster le meilleur cannolo en ville au Café Vito. Tu n’en croiras tout simplement pas tes papilles.

Villeray, tremplin urbain

Choisir Villeray ne suppose pas pour autant que l’on doive faire une croix sur les autres quartiers de la ville puisque le secteur est très bien desservit par le réseau de transport en commun et de transport actif. Grâce aux stations de métro Jarry, Jean-Talon et Fabre, vous aurez accès au reste de la ville en moins de deux. Le district est aussi traversé par le tout nouveau Réseau express vélo qui permet de se déplacer à vélo rapidement et en toute sécurité.

Il en va de même pour les piétons qui sont loin d’être laissés-pour-compte. En plus de pouvoir déambuler dans les ruelles vertes et les parcs du quartier, ils peuvent maintenant profiter de la piétonnisation de la rue De Castelnau qui se transforme en musée à ciel ouvert au court de l’été.

Thèsez-vous? Parlons-en!

Si tu n’es pas encore certain d’avoir mis le doigt sur le quartier étudiant parfait, c’est peut-être parce que je n’ai pas encore mentionné la présence de l’Espace Thèsez-vous?. Les étudiant.e.s peuvent s’y rendre pour des séances de pomodoro, remède avéré contre la procrastination. Tu y trouveras une communauté qui te fournira le support moral donc tu as cruellement besoin. N’oublie surtout pas de consulter la programmation de la Place Parlez-vous qui te permettra de te changer les idées après une longue journée d’étude.

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Pascal-Olivier

🏛 Qui suis-je ou que suis-je ?

🏙 Aussi montréalais qu’un smoked meat

🎤 Par une heureuse coïncidence, je ressemble à Eddie Santiago

💅 Sévèrement atteint d’onychophagie

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