De la lune de miel à l’adaptation : le dur choc culturel

Si tu viens d’un autre pays ou d’une autre ville, tu vas certainement avoir un choc culturel à un certain moment. Que ce soit à cause des prix à l’épicerie, de l’hiver montréalais interminable, ou simplement des relations personnelles. Il est important d’être préparé et de savoir à quoi s’attendre.

La lune de miel

Le choc culturel fait partie du processus d’adaptation à un nouveau pays ou une nouvelle ville. Mais il n’est qu’une étape de cette adaptation. Avant de passer par un choc culturel, on passe très souvent par une période de lune de miel.

Cette phase est la plus belle, et aussi la plus facile. Dès qu’on arrive à Montréal, tout est beau et on voit la vie en rose. Je viens d’une petite ville au Brésil. Donc, arriver à Montréal en plein hiver était incroyable. À ma sortie de l’aéroport, je me rappelle avoir vu la ville couverte d’une couche blanche de neige, ce qui m’a rendu très heureux!  Les gratte-ciels du centre-ville avec la grande roue illuminée composaient le décor parfait pour le petit brésilien nouvellement arrivé que j’étais.

Les premières semaines n’étaient pas différentes. Tout était nouveau et excitant. Aller à l’épicerie était une découverte de nouveaux aliments. Je trouvais que le système universitaire était très organisé et toutes ces petits détails me rendaient heureux. Je crois qu’on peut avoir tendance à idéaliser Montréal avant d’arriver. Cette idéalisation continue pendant les premières semaines.

Choc culturel
La vie (et l’UdeM) en rose.

Le choc culturel qui frappe à notre porte

Tout ça semble merveilleux… et c’était merveilleux. Mais le souci de voir la vie en rose est qu’on ignore les problèmes. On les cache sous le tapis et, un moment donné, ils réapparaissent tous!

C’est le CHOC CULTUREL! Si, durant la lune de miel on ne voyait que les points positifs de cette nouvelle vie à Montréal, durant le choc culturel, on ne voit que les points négatifs. La belle neige blanche de la lune de miel devient la neige molle qui nous fait glisser et tomber sur le trottoir. Le beau et vivant centre-ville de Montréal devient le quartier achalandé. C’est à ce moment aussi qu’on commence à s’ennuyer de la maison. Mes nouvelles découvertes à l’épicerie n’étaient plus excitantes, et j’avais besoin d’une bonne feijoada brésilienne.

Choc culturel
En hiver, il faut réapprendre à marcher sur les trottoirs glissants

Des réactions variées et normales

Durant mon parcours j’ai constaté plusieurs façons dont les gens exprimaient et vivaient le choc culturel. Que ce soit en se plaignant des prix élevés des aliments ou des forfaits téléphoniques, de l’affichage des prix sans taxes aux magasins ou de la façon plus détendue de s’habiller. J’ai même déjà entendu des gens se lamenter sur les tailles de papier différentes (lettre x A4).

Bref, tout et n’importe quelle différence peut taper sur les nerfs de quelqu’un qui vit un choc culturel. ET C’EST NORMAL ! Personnellement, mon plus gros choc était les relations interpersonnelles. Ce n’était pas facile de saisir comment les québécois(e)s se créent des nouvelles relations et comment ce processus est différent de la façon brésilienne. C’était très facile de mettre la faute sur la culture québécoise. Mais en faisant cela, tu ne passes jamais à une vraie adaptation culturelle.

Une question d’équilibre

Dans la lune de miel, la culture et la vie québécoises étaient incroyables. Quand on traverse le choc culturel, elles sont insupportables. Tandis que dans la période d’adaptation, elles deviennent appréciables. Une vraie adaptation requiert un travail personnel sur soi-même. Il faut être ouvert(e) à l’apprentissage d’autres façons de faire et de voir les choses. En reprenant l’exemple de la neige, on n’a pas besoin de la voir comme la plus belle chose au monde. Ni que c’est extrêmement dangereux de sortir quand il neige. On peut garder les deux perspectives, mais les utiliser de façon modérée. Comme ça, on évite des accidents tout en profitant du bel hiver québécois.

Comme tout dans la vie, il existe toujours des aspects positifs et négatifs. Idéalement, il faut réussir à voir le positif dans le négatif et le négatif dans le positif. Bref, l’apprentissage dans le choc culturel et l’aliénation dans la lune de miel.

Choc culturel
Comment ne pas aimer ce beau décor hivernal ?

Mon expérience avec l’adaptation

À mon avis, la meilleure stratégie pour bien s’adapter à Montréal est de côtoyer des personnes qui sont déjà bien adaptées. Les québécois peuvent te montrer leurs perspectives équilibrées de leur propre culture. Les personnes immigrantes qui se sont adaptées à Montréal sont aussi très sages dans ce domaine. Toutefois, il ne faut absolument pas oublier nos racines culturelles. Elles font partie de notre identité et de qui nous sommes. Il est aussi important de faire le processus inverse en parlant de notre propre culture aux autres. C’est enrichissant pour tout le monde. Le mot-clé est : équilibre!

Enfin, ce processus peut durer quelques mois, voire quelques années. Il se peut aussi que tu aies plusieurs processus de chocs culturels non synchronisés. Par exemple, il est possible qu’après quelques mois tu sois complètement adapté(e) à l’hiver, mais que tu sois encore au stade du choc culturel dans d’autres domaines.

Après 6 ans à Montréal, je vis encore aujourd’hui des expériences qui me créent un choc culturel. C’est un long processus qui requiert de la motivation pour continuer, et du courage pour sortir de sa zone de confort. Je te rassure, tu es tout à fait capable de passer à travers. Si tu as eu le courage de sortir de ta propre culture pour venir vivre à Montréal, tu fais déjà preuve de courage et d’indépendance et tu as certainement ce qu’il faut pour relever le défi!

Choc culturel
Nos meilleures ressources d’adaptation culturelle… les gens 🙂

Des ressources pour te soutenir

Je peux t’assurer aussi qu’être un nouvel étudiant ou une nouvelle étudiante facilite ce processus. L’université offre une panoplie de ressources et opportunités pour adoucir l’adaptation. Le Centre Étudiant de Soutien à la Réussite (CÉSAR) offre un accompagnement pour bien maîtriser la nouvelle routine universitaire ainsi que des ateliers de conversation pour les non-francophones. L’Action Humanitaire et Communautaire (AHC) regroupe plusieurs étudiants qui partagent un intérêt en commun et c’est une excellente ressource pour se faire des nouvelles amitiés. La cuisine étudiante et les sorties hors campus sont aussi des excellents moyens de connaître le Québec et d’autres cultures… Bref, plein d’opportunités pour expandre tes horizons. Le parrainage étudiant est une autre ressource qui peut te mettre en contact avec un étudiant ou une étudiante déjà adapté(e) à l’UdeM et à Montréal. Parfois, ce processus peut être dur et on a besoin d’un coup de pouce pour continuer. Des ressources d’aide psychologique ainsi que des consultations avec des psychologues sont offertes sur le campus. N’hésitez pas à utiliser toutes ces ressources!

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Vitor Teixeira Nascimento

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