Retour aux études : entrevue

Je n’ai jamais pensé arrêter mes études. Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais envisagé la possibilité de prendre une pause et de penser à mes choix. J’ai toujours cru qu’arrêter, c’est prendre le pari de ne jamais revenir. Et quand je commence, je finis. Je n’ai jamais arrêté, même quand je n’étais plus certaine, quand je me questionnais ou quand j’étais découragée.

Quand j’ai rencontré des gens qui, contrairement à moi, ont fait le choix d’arrêter, que ce soit pour une sabbatique, pour des questions financières ou pour quoi que ce soit d’autre, j’ai été épatée par leur décision de faire un retour aux études pour terminer ce qu’ils avaient commencé. Les Roger sont allés à la rencontre de ces étudiants motivés.

Gabriel H. et Gabriel M., deux étudiants que j’ai questionnés, ont eu une réflexion semblable : à 16 ou 17 ans, on leur avait demandé de faire un choix de carrière sans en connaître les véritables impacts. Arrivés à l’université, ils n’en étaient plus très certains et ont ressenti le besoin de tester. C’est un peu la même chose pour Pierre-Paul. Après avoir terminé son cégep, il ne savait plus pourquoi il étudiait, ni ce qui le passionnait. Il est donc parti voyager 8 mois en Asie. À la rencontre des gens, c’est finalement là qu’il a pu découvrir ce qui l’intéressait réellement. Quant à Julien, il a ressenti ce besoin de découverte après avoir terminé son bac. Un an plus tard, il a commencé sa maîtrise avec la certitude d’avoir développé un goût pour l’apprentissage encore plus intense qu’avant.

« Je me trouve motivé d’une façon beaucoup plus intrinsèque qu’auparavant…»

Julien à la découverte de l'Amérique du Sud

Tester le marché du travail : un incontournable

Plusieurs étudiants commencent, puis complètent un baccalauréat sans avoir une idée de ce que sera leur futur emploi. Certains y voient un véritable problème et décident d’aller expérimenter. Pour Gabriel H., il n’y avait pas de doute. Quand il a reçu une offre d’emploi hyper intéressante, il ne pouvait pas la refuser. En étudiant dans un milieu compétitif, il devait se démarquer. Acquérir de l’expérience aussi tôt était pour lui un énorme avantage. Après un an sur le marché du travail, il a compris qu’il était dans le bon domaine et a décidé de revenir aux études, même s’il adorait son travail :

« Maintenant que j’ai vu ce que peut m’apporter mon bac sur le terrain, je suis encore plus motivé à terminer mes études et à finir avec de bonnes notes. »

Pierre-Paul au Vietnam durant son voyage

Pour Pierre-Paul et Gabriel M., il était aussi question de trouver un sens à leurs études. Alors que plusieurs étudiants complètent un BAC sans grande motivation et surtout sans en connaître le véritable but, ces deux étudiants ont fait une pause pour retrouver le fondement de ce pourquoi ils étudiaient.

«Savoir pourquoi on étudie est essentiel !» – Gabriel M. 

Ainsi, une chose importante est ressortie de ces entrevues : étudier pour étudier n’est pas la solution. Il faut que chaque étudiant s’attarde à la raison qui le pousse à entreprendre et à terminer son projet universitaire. Gabriel M. a même remarqué la différence au niveau de l’effort et de la motivation de ses collègues de classe qui n’ont pas nécessairement trouvé la raison qui les pousse à étudier. Le retour aux études est peut-être difficile, mais il est clairement fait avec motivation. Pour Julien, qui a pris une pause d’un an entre la fin de son BAC et sa maîtrise à l’UdeM, voyager lui a redonné l’envie et la soif d’apprendre.

Quand on comprend pourquoi on étudie dans un domaine en particulier et ce que ça nous apporte sur le marché du travail, on questionne peut-être moins la pertinence d’un travail, d’un examen ou d’un cours. Quand on voyage, on fait aussi toutes sortes de rencontres, de découvertes. À travers les rencontres, Julien en a appris beaucoup sur les autres, sur leurs intérêts et sur leurs aspirations. Ça lui a permis de développer une curiosité insatiable d’en savoir d’avantage.

Gabriel M. durant sa pause d'étude

Retour aux études : appréhensions

Même s’ils retournent tous aux études avec une certaine motivation et surtout avec une assurance, tous sont incertains de regagner ce mode de vie d’étudiant. Il est clair qu’une partie difficile du retour aux études, c’est l’adaptation. J’en avais déjà discuté dans un de mes récents articles sur la sabbatique.

Une chose à ne pas négliger, c’est la vision de l’école qui change. Parce que ce qu’on gagne en vérité, c’est bien plus qu’un bout de papier! On finit peut-être par relativiser l’importance d’un examen moins bien réussi, d’une session plus difficile ou d’un cours qu’on aime moins. Surtout, on réalise à quel point les compétences que l’on acquiert peuvent nous être véritablement utiles. On prend l’expérience qu’on peut et on l’emmagasine dans notre sac à dos. Nous retournerons ainsi sur le marché du travail avec une vision riche en expériences.

Bien entendu, ils appréhendaient (ou appréhendent encore) tous le retour aux études, à la routine et aux examens. Ils savent qu’ils devront travailler dur et se remettre dans un mode d’apprentissage. Toutefois, ils en voient la raison, et ça, c’est vraiment satisfaisant!

En bref, faire un retour aux études n’est peut-être pas aussi difficile qu’on le pense. Prendre une pause, ça permet de réaffirmer nos choix et de comprendre ce que les études peuvent nous apporter.

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Éloïse

Éloïse

Baccalauréat en études internationales

On pourrait dire qu’une de mes passions, c’est de parler… vite; je suis un brin sarcastique, spontanée et dotée d’un bon sens de la répartie! Avide d’aventures, de rencontres et de nouvelles cultures, je voyage autant que possible et je souhaite vivre passionnément. Incapable de me décider, je pratique donc autant le yoga et le ballet que le ski alpin. Dans mes temps libres, je passe mon temps à cuisiner des nouvelles recettes ou à découvrir l’un des nombreux secrets de Montréal.

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