Activités d’accueil : j’y vais ou pas? Entrevue avec le secrétaire général de la FAÉCUM

En août, il y en a qui travaillent, il y en a qui se dorent la pilule sur une plage de Cuba, d’autres qui se couchent trop tard, et d’autres qui essaient avec difficulté de faire les trois en même temps. Comme un été…

Mais il y a bien une différence entre le mois de juillet et le mois d’août : en août, que tu en aies marre d’être en vacances ou que tu penses à devenir touriste professionnel.le, ta scolarité redevient un sujet de conversation (pour le meilleur et pour le pire).

Au revoir soleil de plomb, piscine et crème glacée, bonjour lectures, examens et… Maisonnée !!! (héhé) Et oui, pas la peine de t’inquiéter, il te reste encore une couple de semaines de fun avant de retomber dans les méandres de la mi-session.

Si c’est ta première année à l’université, tu t’apprêtes à découvrir tout un nouveau monde, qui sera bientôt le tien.
Qui dit rentrée dit Semaine d’accueil, et dit aussi activités d’accueil associatives. C’est quoi la différence? Facile : la Semaine d’accueil est organisée par l’université, notamment par l’Accueil et le soutien aux nouveaux étudiants (ASNE), dont tu pourras croiser les ambassadeurs et ambassadrices (coucou) tout au long du mois de septembre, un peu partout sur le campus.

Ensuite, il y a les fameuses activités d’accueil organisées par l’association étudiante de ton programme d’études. Sauf que voilà, beaucoup de nouveaux étudiants arrivent à l’université sans savoir vraiment de quoi il s’agit. En fait, certain.e.s ne connaissent même pas leur association (rendez-vous en bas de l’article pour régler ça). Pour démystifier les activités d’accueil associatives, et plus généralement les associations étudiantes à l’UdeM, on a décidé de faire appel à un pro. J’ai nommé Matis Allali, Secrétaire Général de la FAÉCUM (Mais c’est quoi, la FAÉCUM ?).

Le bureau exécutif 2018-2019 de la FAÉCUM (Matis est en haut à gauche)

Les Roger – Pour commencer, énormément de nouveaux étudiants se posent la question suivante : «Faut-il aller ou pas à ses activités d’accueil associatives? »

Matis – Absolument! C’est essentiel d’y participer. Quand on arrive à l’université, on ne sait pas encore que la vie étudiante, c’est beaucoup plus que juste des cours. Se limiter à la vie académique, c’est se priver de toute une vie sur le campus. Les activités d’accueil associatives, c’est l’occasion de briser la glace avec les gens de ta cohorte, mais c’est aussi une porte d’entrée vers tout un monde de possibilités. C’est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur la fonction de ton association étudiante, ce qu’elle peut faire pour toi, et aussi ce que tu peux y faire, toi.

LR – Dans le cadre de la semaine d’accueil, l’Université de Montréal propose un grand nombre d’activités pendant la rentrée. En quoi les activités d’accueil associatives sont différentes de cet accueil?

Matis – En fait, ce sont deux choses très complémentaires. L’UdeM propose des activités qui vont vraiment présenter l’école dans son ensemble, elles présentent les services, les différents regroupements dans lesquels les étudiant.e.s peuvent s’impliquer… Les activités d’accueil des associations étudiantes sont beaucoup moins institutionnelles. L’idée, c’est vraiment de s’amuser en découvrant les gens de ta cohorte, et aussi le monde de ton association, dans laquelle tu pourrais vouloir t’impliquer par la suite. Donc mon conseil aux nouveaux étudiants, c’est vraiment de participer un maximum aux deux!

LR – Tu parles beaucoup de l’implication, du rôle des associations étudiantes? Mais en fait, à quoi ça sert, une association étudiante?

Matis – Le rôle des associations étudiantes, c’est avant tout de défendre les droits et les intérêts de la communauté étudiante, et ce à différents paliers. Le premier palier, c’est celui de ton association de programme. Ensuite, il y a la FAÉCUM, qui est en fait la fédération des associations étudiantes des campus de l’Université de Montréal. C’est donc la FAÉCUM qui centralise et appuie le travail des associations de programme. Les représentant.e.s de la FAÉCUM, comme moi, sont élu.e.s à chaque année par les représentant.e.s des associations de programme de l’UdeM, qui sont eux-mêmes élu.e.s par les étudiant.e.s de leur programme.

Mais le rôle d’une association étudiante va au-delà de ça. Les associations dynamisent la vie étudiante, en créant un sentiment d’appartenance, un esprit de groupe. Notre but est d’assurer une vie étudiante en dehors de la vie académique. [NDLR : en gros, les associations sont aussi là pour que tu aies du fun en dehors de tes cours]

Quand on arrive à l’Université, ça peut paraître difficile de s’impliquer au début, et c’est là toute l’importance des activités d’accueil. La période de rentrée est vraiment plus inclusive, le but est d’accueillir les gens le mieux possible, ce ne sont plus des initiations.

LR – Tu as mentionné le changement qui a opéré il y a quelques années entre « initiations » et « activités d’accueil ». En effet, beaucoup de personnes au Québec se souviennent de la mauvaise image laissée par les initiations de différents programmes dans plusieurs universités, il y a quelques années. Qu’est-ce qui a changé depuis, quelles mesures ont été prises?

Matis – Beaucoup de mesures ont été prises et beaucoup de choses ont été mises en place. Pour commencer, il y a eu une énorme campagne de sensibilisation auprès des associations étudiantes sur ce qui devait et ne devait pas être fait pendant les activités d’accueil. Désormais, les organisateurs et organisatrices des activités d’accueil associatives sont formé.e.s au préalable. De plus, depuis l’année dernière, il existe à l’UdeM un système de sentinelles. Ce sont des responsables qui sont chargé.e.s de prévenir les situations avec possibilités de dérapage lors des activités d’accueil. Par exemple, les activités qui tournent uniquement autour de l’alcool sont désormais interdites. Avant, l’excuse pour les jeux d’alcool était que l’alcool désinhibe les gens et permet de faire tomber des barrières. La vérité, c’est que l’alcool fait effectivement tomber des barrières, mais il finit aussi par en créer des nouvelles.

LR – Peux-tu nous parler de « sans oui, c’est non », la campagne contre le harcèlement sexuel à l’Université ?

Matis – Absolument. Dans le fond, « sans oui, c’est non » est une campagne lancée en 2014 par la FAÉCUM, l’UdeM, ainsi que le bureau d’intervention en matière de harcèlement (BIMH) de l’UdeM. En fait, son objectif est déjà tout décrit dans son nom : l’idée, c’est que si la personne en face de toi ne te dit pas oui, et ben ça veut dire non. L’engouement autour de cette campagne a été tel que c’est devenu une campagne nationale, qui a désormais des représentant.e.s dans la plupart des établissements post-secondaires au Québec.

À plus grande échelle, le but de cette campagne est d’en finir avec la culture du silence, et de la remplacer par la culture du consentement. Ça implique de respecter le « non » d’une personne, mais aussi de ne pas abuser de quelqu’un qui n’est pas en état d’émettre un oui ou un non. Cette campagne s’adresse aussi aux témoins : il y a des formations sur les campus, pour expliquer aux étudiant.e.s ce qu’est le consentement, et aussi comment aider une victime, comment réagir face à une situation de harcèlement. En d’autres termes, on apprend aux gens comment devenir des témoins actifs. Les conséquences sont visibles : des traditions se perdent et sont remplacées par d’autres, plus saines et plus inclusives. On change réellement de paradigme.

LR – Et donc aujourd’hui, qu’est-ce qu’on fait pendant ses activités d’accueil associatives ?

Matis – Avant tout, on découvre son programme d’études, on rencontre des gens qui vivent ou vont vivre notre réalité. Et puis comme en général, personne ne se connaît, c’est l’occasion idéale pour sympathiser avec les gens de ta cohorte. Les activités d’accueil prennent la forme d’activités ludiques comme des visites du campus sous forme de jeu, ou des activités sportives, par exemple. Le but est vraiment de créer des liens et de découvrir ce que le monde universitaire a à nous offrir.

LR – Et la FAÉCUM dans tout ça? Vous serez présent.e.s sur le campus à la rentrée?

Matis – Bien sûr! Si les activités d’accueil sont l’affaire des associations de programme, la fédération organise plusieurs évènements tout au long de la rentrée. D’abord, il y a le pub de la FAÉCUM, qui se trouve sur la place de la Laurentienne, au cœur du campus, pendant les deux premières semaines de septembre. On y vend de la nourriture et de l’alcool à bas prix, du matin au soir. Le pub est tenu par des étudiants bénévoles [Pourquoi pas toi?]. Toujours sur la Place de la Laurentienne, il y a un terrain de beach volley, et même un mur d’escalade pendant quelques jours.

Le spectacle de la rentrée 2017

LR – J’ai une question qui me vient comme ça : « Qu’est-ce qu’on fait si on ne boit pas d’alcool, à la rentrée? »

Matis – C’est une excellente question. Comme je l’ai dit plus tôt, les activités ayant pour seul objet l’alcool sont désormais bannies des activités d’accueil associatives. De plus, les associations étudiantes servent également des boissons non-alcoolisées durant les activités. Et puis, depuis l’an dernier, un nouveau regroupement étudiant, « Sobriété UdeM », propose de délicieux mocktails [cocktails sans alcool] lors des différents party de la rentrée. Donc en fait, quand on ne boit pas d’alcool, on peut profiter de la rentrée comme tout le monde!

LR – Un mot pour terminer ?

Matis – Ce que je voudrais vraiment dire aux nouveaux étudiants, c’est de profiter de cette rentrée. Allez aux activités d’accueil de votre association étudiante, allez aux évènements proposés par l’Université. Ça peut paraître intimidant au début parce qu’on ne connaît personne, mais ensuite c’est génial.

Il a été prouvé que la principale cause de mal-être chez les étudiant.e.s est la solitude. S’impliquer, rencontrer des gens, participer à la vie étudiante, c’est la meilleure façon de ne pas se sentir seul.e.

LR – Merci Mathis, on se voit à la rentrée sur le campus!

N’oublie pas de télécharger l’application mobile Rentrée UdeM!

Profite bien de la fin de ton mois d’août, on te donne rendez-vous le 27 août pour la Semaine d’accueil !

Psst : si tu ne connais pas encore ton association étudiante, tu peux consulter le répertoire des associations étudiante de l’UdeM!

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Claire

Claire

Baccalauréat en science politique

Me voilà étudiante française à la découverte du Québec, de l’université et des aléas de la vie étudiante. Jamais rassasiée, je suis constamment en recherche de nouvelles expériences, de rencontres impromptues. En six mois à Montréal, ma curiosité et mon enthousiasme m’ont poussée à m’impliquer dans une multitude de projets, à l’université et ailleurs. Je pense que rien n’est impossible, tant qu’on est assez fou pour y croire.

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