Ne rien faire de l’été Le bon choix...?

Il est en soi quelque peu ironique d’avoir à écrire un article sur ce sujet, alors que l’écrire constitue justement mon travail d’été… M’enfin.

Septembre, la rentrée. Octobre, s’adapter à la routine. Novembre, le blues. Décembre, les examens. Janvier, le retour difficile. Février, les examens intra. Mars, le début de la fin. Avril, le moment tant attendu. Et après, que faire? Mai, juin, juillet, août; c’est quand même quatre mois qu’on peut meubler à notre façon. Quelques courageux et courageuses prennent des cours d’été, plusieurs — beaucoup — travaillent. Réellement, chers lecteurs et lectrices qui entrez dans ces catégories, je n’ai pour vous que du respect. Quant à moi, je fais désertion : je ne vais rien faire de l’été.

Car c’est comme ça que ça sonne, non? Je ne travaille pas, je n’étudie pas, bref, au sens de la loi, de la société et de tous les carcans sociaux qu’on nous impose, je ne fais rien, je suis au chômage, bref, je suis inutile.

J’ai décidé sur un coup de tête que j’en avais marre, que travailler pour travailler, c’est bien beau, mais je fais quoi avec mon argent si je n’ai même pas de temps pour en profiter? Car si on vénère beaucoup l’argent — qu’il fasse le bonheur ou pas — je pense qu’on a le droit de sortir du sentier et de dire qu’au fond, ce qu’on aime, c’est profiter de la vie. L’argent est un concept qui ouvre bien des portes, mais on oublie souvent que plusieurs portes n’ont tout simplement pas de serrures ; il suffit de les pousser. Prenez le bénévolat, par exemple. On tend de plus en plus à le discréditer, car il ne rapporte rien, c’est du temps perdu. Mais, le bénévolat, c’est des rencontres, de l’expérience acquise, des gens qu’on aide.

Autrement, l’été, on peut ne rien faire pour lire beaucoup, aussi. C’est très peu lucratif, mais il n’y a pas meilleur moyen pour élargir son esprit, sa vision, ses horizons. Bien plus productif qu’un voyage, d’après moi, et beaucoup plus écologique, économique et facile d’accès. Voyager en restant chez soi, apprendre sans professeur, n’est-ce pas ça, la belle vie, la vraie vie?

Et puis après, l’été, c’est le moment de prendre une pause et de faire ce qu’on ne fait jamais. Moi, j’aime bien écrire, pour le plaisir d’écrire. Alors l’été, j’écris. J’ai toujours eu aussi un attrait pour le jardinage. C’est peut-être mon côté anarchoautarcique, mais je profite quand même de l’été pour m’y mettre. L’été, j’aide aussi des amis à déménager, et s’ils ne déménagent pas, je les vois, simplement, parce qu’on n’a jamais le temps de les voir pendant les études.

Côté pratico-pratique, c’est aussi un excellent momentum pour rendre son appartement bien limpide et propre, pour faire le ménage dans ses dossiers — physiques et sur ordinateur — de donner ce dont on ne se sert pas, bref, de faire le plein de minimalisme! Ne rien faire de l’été, ça permet aussi de découvrir de nouvelles recettes. On n’a jamais le temps, pendant les études de tester de nouveaux mets, alors pourquoi ne pas prendre son temps pendant l’été?

Ne rien faire de l’été, donc, c’est pas si facile que ça. On se dit qu’on ne travaille pas ni n’étudie, donc que nous sommes libres 24 h/24 h. Ceci étant, on remplit notre agenda à en déborder, et finalement on fait tout sauf rien. Ne rien faire de l’été, c’est peut-être plus accepter sa liberté (qui n’est pas une marque de yogourt!), et ne pas avoir quelque chose à faire du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h… Ne rien faire du tout, ça demande beaucoup de patience et de contrôle. Alors, l’idée, c’est finalement de s’assumer et de faire ce qu’on veut.

Bref, moi, je ne fais rien de l’été, a priori. Pour le reste, on verra bien!

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

Baccalauréat en droit

Je suis de ceux qui trouvent la question plus intéressante que la réponse, mais rassurez-vous, je n’embête généralement pas mes pairs avec ça! Adepte du zéro déchet, de politique engagée et de plein-air, je me garde une passion secrète pour les langues et la physique. Piètre danseur et modeste orateur, c’est l’écriture que je préfère. Si je suis parfois atteint d’ochlophobie, je ne reste pas moins un être chaleureux qui, plus que parler, aime écouter.

2 tranches de vie

  • Exactement ce que j’ai décidé de faire après 6 ans à travailler à temps partiel au même endroit. J’en ai profité pour me mettre à la couture et pour écouter les films sur netflix que je n’avais jamais le temps de faire.

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