Sandrine

Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours eu de la misère à m’arrêter, puis à me dire « OK, Sandrine. Qui es-tu? ».

 

Au début, très honnêtement, c’était peut-être simplement parce que je n’avais pas l’impression d’être née dans le bon corps. Quand tu es une petite fille, que tes cheveux sont bien plus courts que ceux de toutes les autres fillettes de ton âge (c’est ça qu’ça donne, quand c’est ton père ton coiffeur, et que sa seule réelle expérience dans le domaine est de s’occuper de l’entretien capillaire de tes frères!), que tu aimes plus les petites voitures Hot Wheels que les poupées Barbie (au grand désespoir de ma mère, qui m’avait même acheté le plus gros avion Barbie possiblement imaginable) et que tu détestes que l’on te coiffe avec de petits élastiques de couleur… Tu te sens un peu à part dans une classe de maternelle.

 

Bon, l’étudiante en sociologie en moi aimerait partir sur une grosse critique de notre société, et de la quantité phénoménale de stéréotypes genrés que l’on inculque à nos enfants. Mais bon, c’est une autre histoire. Pour moi, ça ne voulait rien dire, « d’être une fille ». Je trouvais bien plus que ce qui me caractérisait, c’était le fait que j’étais un peu « tomboy », que j’aimais les arts martiaux, ou encore que j’adorais les films d’action et de combat.  Très rapidement, j’ai appris à parler de moi en parlant de ce que je faisais, et non vraiment de qui j’étais. Attention, je ne dis pas que ton genre définit qui tu es, bien au contraire. Ce que je dis, c’est que c’est la raison pour laquelle j’ai commencé à mettre de côté la réflexion du « Qui est-ce que je suis, dans le fond? ».

 

Au secondaire, je suis passée de « la fille un peu tomboy » à « la fille qui s’implique partout et qui n’arrête jamais ». Depuis, cette étiquette m’est toujours restée collée à la peau. Bon. C’est vrai que je suis plutôt du genre à m’embarquer dans dix millions de projets, à courir partout, à me taper trois cafés par jour et à couper sur mon sommeil jusqu’à ce que celui-ci devienne tout simplement inexistant. Dire non, je ne connais pas. C’est peut-être un peu parce que j’ai toujours l’impression que je vais rater une occasion incroyable, une expérience qui ne me sera plus jamais offerte ou une histoire à raconter, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Mais récemment, je réalise que c’est peut-être aussi parce que dans le fond, je ne veux pas être confrontée à moi-même. Penser. Me poser des questions existentielles, du genre « Qui suis-je? », « Où vais-je? ». Simplement d’écrire ces mots m’angoisse (Voltaire ne serait pas fier de moi).

 

Et un jour, on arrive à un moment dans notre vie où quelque chose, quelque part, s’écroule. On ne sait pas toujours quoi. Pour ma part, ça a été une rupture (eh oui! moi qui croyais ne jamais écrire à propos d’histoires de cœur…). Et quand ça arrive, c’est généralement suivi d’un moment où tu n’as plus d’autres choix que d’y répondre, à ces terrifiantes questions. Parce que, comme le genre, bien que ces moments où tout bascule font partie de qui tu es comme individu, ce ne sont pas eux seuls qui te définissent.

 

Il faut donc apprendre à embrasser chaque jour comme étant une nouvelle opportunité pour apprendre à se connaître, pour trouver quelque chose qui nous représente.

 

Aujourd’hui, je prends donc quelques minutes pour moi, et je vais tenter de répondre à ces questions. Qui suis-je? Commençons simplement par un mot : « passionnée ».

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Sandrine

Sandrine

Baccalauréat bidisciplinaire en psychologie et sociologie

J’entrevois mon parcours universitaire comme étant l’occasion idéale pour m’impliquer au maximum. Il va sans dire que j’ai énormément d’énergie à dépenser! Passionnée par l’implication étudiante, je suis engagée au sein du conseil exécutif de mon association étudiante (AEPSUM) depuis mon entrée à l’Université, en plus de faire partie du Groupe de comédies musicales (CoMUM). Étant probablement plus souvent à l’UdeM qu’à mon appartement, je vous avoue commencer à connaître le campus comme le fond de ma poche!

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