L’université : à quoi ça mène?

Au primaire et au secondaire, la fonction de l’institution scolaire est avant tout de former de bons citoyens, qui maîtrisent plusieurs disciplines jugées importantes par notre gouvernement. Nous avons donc tous une base de mathématiques, d’histoire, de géographie, et nous savons lire et écrire. Une fois le secondaire terminé, oncles et tantes, pères et mères, conseillers et conseillères en orientation nous posent alors souvent cette question : qu’est-ce que tu veux faire dans’ vie ? Tes études, ça mène à quoi ?

Petit, j’ai rêvé d’être policier et pompier. Puis, j’ai eu une passion pour les dinosaures (Jurassique Parc, toi-même tu sais), alors j’ai voulu devenir paléontologue. Quelques années plus tard, après avoir écouté maintes fois La Guerre des Étoiles, j’ai voulu devenir astronaute (pas jedi, juste astronaute). Enfin, au secondaire, je rêvais de devenir prof, parce que j’avais de bons profs, et je voulais faire comme eux, pareille ! Déjà plus accessible.

« Aujourd’hui, on va à l’école pour le plaisir de la connaissance. »

Comme la médecine mène au médecin et le droit à l’avocat (ou au notariat !), tous ces métiers sont directement liés à un domaine d’étude, bien précis et bien facile à cerner (excepté le jedi, c’est pourquoi j’ai rapidement abandonné le projet). Pour être astronaute, on doit étudier l’astronautique (ou la physique si vous préférez). Paléontologue, la paléontologie. Professeur.e ou enseignant.e, la pédagogie. Policier ou policière, la policerie et pompier-pompière la pompiérie. Facile. Dans une société où l’utilité sociale est fortement axée sur le travail (c’est un constat sociologique, pas une critique), il est évident pour la plupart qu’étudier, c’est ultimement pour travailler.

Dans le bon vieux temps, alors que le mot « éducation » rimait avec « tourner en rond » (en fait, ça rime encore aujourd’hui, au sens propre, mais vous m’aurez compris…), on préférait apprendre un métier, souvent celui de ses parents. Apprendre ailleurs coûtait cher, et garder le métier familial préservait une certaine continuité sociale. Ainsi, on avait toujours un.e boulanger-boulangère, un.e fermier-fermière, un forgeron, un avocat, un médecin, etc. (Je n’emploie pas le féminin dans les trois derniers cas, parce que, dans le bon vieux temps, malheureusement, ces métiers n’étaient QUE masculins…)

« Bref, mon programme, ça ne mène à rien, et je suis très fier de l’avoir fait. »

Notre société a fini par troquer cette stabilité pour plus de liberté (quoique !), et il est dorénavant non seulement possible d’étudier dans un domaine différent de celui de nos parents, mais aussi d’étudier l’abstrait. Autrement dit, aujourd’hui, on va à l’école pour le plaisir de la connaissance, une fois le tronc commun du secondaire complété.

« Policier ou policière la policerie, et pompier-pompière la pompiérie. Facile. »

« Mais Marc, ton domaine d’études, ça mène à quoi ? » Comme beaucoup en études internationales, je n’en avais pas la moindre idée. C’était chouette, point. C’était varié, c’était s’intéresser à des questions d’actualité, de les remettre dans un contexte historique, trouver des solutions politiques, économiques, juridiques. Bref, études internationales, ça ne mène à rien, et je suis très fier d’avoir fait ce programme.

Bon nombre d’étudiants en anthropologie, en mathématiques, en art plastique, sociologie, neurosciences cognitives, philosophie, littérature, histoire de l’art sont probablement aussi passé par cet interrogatoire fastidieux sur la finalité des études.

Réfléchir et étudier, ça sert à quoi ?

Et bien, tout simplement, ça sert à construire des individus meilleurs, plus ouverts, plus conscients. Ça sert à penser ; ça ne sert à rien. Ça sert à régler des problèmes auxquels le plombier ou la pompière n’y peuvent rien ; ça sert à tout.

L’université, ce n’est pas pour former des travailleurs. C’est pour former des personnes.

Si jamais te te poses des questions sur ton programme, n’hésite pas à utiliser les services qui s’offrent à toi!

Lectrices et lecteurs, continuez à être des étudiant.es aguerri.es!

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

Baccalauréat en droit

Je suis de ceux qui trouvent la question plus intéressante que la réponse, mais rassurez-vous, je n’embête généralement pas mes pairs avec ça! Adepte du zéro déchet, de politique engagée et de plein-air, je me garde une passion secrète pour les langues et la physique. Piètre danseur et modeste orateur, c’est l’écriture que je préfère. Si je suis parfois atteint d’ochlophobie, je ne reste pas moins un être chaleureux qui, plus que parler, aime écouter.

Marc-Antoine

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