Dégustation de bière à saveur québécoise

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Aimer la bière n’est pas inné, quoique. Il paraît justement que les nouveau-nés apprécient le goût de cet alcool ; allez savoir pourquoi. Néanmoins, en grandissant, force est de constater que l’on perd d’abord ce goût puis, cégep et université arrivant, on le développe à nouveau.

Si plusieurs étudiants boivent de la bière avant tout pour son effet (ne me dites pas sérieusement que vous buvez de la Pabst ou de la Budweiser pour son goût !), je me suis dit qu’il serait intéressant d’envisager cette inévitabilité universitaire sous un autre angle : le goût. Et à défaut de pouvoir faire le tour du Québec comme Anthony, je vous propose cette fois de rester dans votre Montréal confortable.

Pour les étudiant.es amateur.euses de bière et aguerri.es, plusieurs diront que les maîtres brasseurs sont les Belges. Évidemment, la Belgique produit son lot de bonne bière, ce n’est pas discutable, mais j’ai découvert lors de l’été que le Québec n’a rien à envier à sa cousine d’outre-mer. Voici donc chers lecteurs quelques bières à essayer (ou ne pas essayer) pour le goût plutôt que pour l’effet.

Essai n°1 : Brasserie du lièvre

Dans la catégorie « bière à ne pas réessayer », j’ai nommé la « Phénix », de la microbrasserie du Lièvre. Manifestement une bonne idée sur papier, mais pas en bouche. Je ne veux pas faire de moi-même un critique impitoyable, mais je cherche aussi à préserver mes lecteurs. Cette bière fumée goûte littéralement le jambon fumé. C’est bon le jambon fumé et le bacon, mais pas en bière. Elle n’est donc ni trop amère, ni très sucrée, et j’imagine qu’elle serait bonne avec de la viande ou du fromage (je suis végétarien, donc je n’en sais fichtre rien), ou encore en fin de soirée lorsque d’autres bières ont amenuisé notre sens du goût. Ceci dit, gardez la bouteille, elle est fort pratique!

Essai n°2 : Brasseurs du monde

Pour y aller avec du positif, je vous conseillerais d’y aller avec deux bières des Brasseurs du Monde. D’une part, l’« Infusée », au goût floral, qui se boit bien en toute circonstance. Le goût frais du début laisse tranquillement place à une légère amertume, pour conclure votre gorgée par une saveur fruitée et sucrée. D’autre part et dans la même veine, essayez la « 375 », bière blanche fraîche, presque fruitée. Brassée en l’honneur de Montréal, vous l’aurez deviné, elle saura aussi vous faire sentir altruiste : pour chaque bière achetée, la compagnie s’engage à verser 0,25 $ aux sans-abris de Montréal.

Essai n°3 : « Pale Ale »

En ce qui concerne la catégorie « pale ale », la « Peau d’Ours », de la brasserie Le Bilboquet, en surprendra plus d’un. Pour quelqu’un qui, comme moi, ne raffole vraiment pas de pale ale, celle-ci m’a bien plus, car elle n’était pas trop amère. Par contre, pour un amateur de pale ale, on dira d’elle qu’elle a un léger goût de houblon qui ne s’assume pas. Je vous laisse juger.

Essai n°4 : Bières fortes

Dans la catégorie « bières fortes », laissez-moi vous en suggérer deux. La « Porter baltique » de la brasserie des Trois Mousquetaires vous impressionnera d’abord par sa bouteille belle et sobre. Son goût riche s’approchant du café vous fera vite oublier sa légère amertume et vous donnera l’impression de boire un smoothie — ou presque. C’est une bière dont il ne faut pas avoir honte à présenter à ses amis, à moins que lesdits amis n’aiment pas la bière noire du tout. Ensuite, une bière de style belge, bien évidemment : l’« Infernale », de la brasserie Le Grimoire. Un peu sucrée, mais peu amère, elle fait penser au sirop d’érable, quoique différente au goût (heureusement !). Elle est sublime avec du fromage, mais aussi étonnement bonne avec du dessert, comme la tarte au sucre (qui l’eut cru !).

Essai n°5 : St-Arnould

En guise de conclusion, j’aimerais vous présenter la brasserie St-Arnould. L’été, savourez sa « Marie-Framboise ». Comme son nom l’indique, elle est dotée d’un très léger goût de framboise, ce qui fait qu’elle ne vous tombe pas sur le cœur. Un goût croquant et fruité, elle est parfaite pour une terrasse l’été. De style belge, on est tenté, avec raison, d’y faire tremper une orange pour en rehausser le goût. L’hiver, dégustez la bière « l’Évêque ». Riche et crémeuse, au goût de miel et de café, elle saura raviver les papilles des nostalgiques de la Guinness irlandaise. Bonne avec un ragout ou tout autre plat d’hiver, je lui donne ma note personnelle de 9 sur 10 (car on n’atteint jamais la perfection).

Sur ce, libre à vous d’écouter les conseils d’un amateur et critique de bière improvisé. Néanmoins, par pitié, prenez une ou douze soirées pour laisser tomber la bière estudiantine par excellence, et laissez-vous porter par nos belles microbrasseries bien de chez nous. Le local n’aura jamais eu si bon goût.

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

J’ai cette tendance à écrire de long en large, ce qui témoigne sûrement du poète qui sommeille en moi. Un poète international, cela dit, ne pouvant s’empêcher de le montrer. Si j’use de beaucoup de mots, ce n’est que pour mieux me défendre, et je garde toujours en tête ces phrases : fais ce que tu dis; dis ce que tu penses; pense avec raison. Sur cette touche philosophique, mon Yin serait la patience, mon Yang l’impulsivité.
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