Le jardin étudiant – partie 1

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Jardiner en étudiant n’est pas facile. Autant le temps que l’argent n’y sont pas toujours, sans parler de la motivation. Pourtant, avec quelques trucs faciles, on peut s’arranger pour avoir un jardin raisonnable. Bien sûr, l’autosuffisance alimentaire n’est pas pour bientôt, mais c’est un début.

Je n’ai jamais jardiné de ma vie, mais cet été est le bon. Tous les conseils qui suivent sont d’une acuité théorique sans faille, vérifiés et contre vérifiés; reste à voir si la pratique suivra. On se voit en août lorsque je récolterai – littéralement – le fruit de mon labeur.

1. Prévoir

Aussi stupide que cela puisse paraître, le bon jardinier est quelqu’un de prévoyant. Ainsi, plusieurs facteurs sont à prendre en compte avant même de penser à planter un quelconque végétal. Il est primordial d’évaluer la superficie optimale. Ne soyez pas trop ambitieux! Il est préférable de commencer petit, de se faire la main un peu, puis d’agrandir chaque année. Aussi, c’est meilleur pour le moral et la motivation que de commencer avec deux plants seulement, mais qui poussent vraiment, plutôt que de quatorze tiges rabougries.

2. Le bon emplacement

D’abord, il convient de trouver le meilleur endroit. Au Québec, on privilégiera un jardin orienté sud-sud-est afin qu’il reçoive un maximum d’ensoleillement par jour. C’est capital pour avoir des plants vigoureux. En tant qu’étudiant, il est difficile de se trouver une bonne surface, mais la culture de balcon peut être une solution prometteuse. Elle prend moins de place, est plus mobile (vous pouvez déplacer les pots selon le moment de la journée pour optimiser l’ensoleillement) et vous pouvez même continuer en hiver! Vous pouvez utiliser les pots même dans une cour, et à ce moment les suspendre, pour faire bénéficier vos plants d’un ensoleillement de plus de 12 heures!

3. La terre mère

La surface est donc importante, mais il faut aussi s’attaquer au problème en profondeur, si vous me permettez ce jeu de mots. À Montréal, la terre est généralement argileuse, ce qui veut dire qu’elle est fort compacte et elle retient l’eau. Elle contient donc de nombreux nutriments, mais elle est peu aérée. Pour pallier ce problème, on a affaire à trois étapes. Premièrement, il faut remuer, retourner et labourer la terre, comme si votre jardin revivait la bataille de Verdun. Ensuite, étendez-y du terreau forestier, qui est moins dense que la terre noire habituelle et qui permettra à vos plants de respirer. Enfin, une fois le tout planté, appliquer une généreuse couche de paillis de cèdre, ou même de paille. Si vous doutez de l’esthétisme de la chose, vous serez ravis d’apprendre que ceci se transformera progressivement en compost (et nourrira vos plants) tout en empêchant les mauvaises herbes de pousser.

4. La plante en question

Maintenant que le terrain est prêt, c’est le moment de choisir vos plants. Certains préfèrent les fruits, d’autres les légumes ou les fleurs. Parfois, le choix est si vaste qu’on ne sait où commencer… Pour l’étudiant méticuleux, un choix coût/bénéfice est avantageux : pourquoi ne pas simplement planter les espèces les plus chères à l’épicerie? Bien entendu, avocats et mangues peuvent paraître profitables, mais soyons honnêtes : il faut se restreindre au climat québécois. Ceci dit, plusieurs petits fruits poussent à merveille, de même que les fines herbes. Framboise, fraise, ciboulette, thym et origan constituent un bon départ, d’autant plus qu’ils sont vivaces; vous n’aurez pas à les replanter chaque année. Enfin, n’hésitez pas à ajouter quelques fleurs. En plus d’être jolies et de pouvoir les offrir à votre maman, elles inciteront les abeilles à butiner votre jardin, et certaines plantes, comme la lavande, éloignent moustiques et fourmis par leur odeur. D’autres bons mariages existent, mais attention : plus votre jardin est grand, plus il faudra faire attention aux espèces qui se nuisent entre elles et les espacer.

Maintenant tous ces beaux conseils donnés, à mon tour d’expérimenter le tout.

Note pour l’étudiant.e jardinier.e aguerri.e : tu as le pouce vert, tu veux jardiner mains tu n’as définitivement pas de place? Il existe à l’Université de Montréal le Projet d’Agriculture urbaine, soutenable et écologique (P.A.U.S.E.). C’est un projet par et pour les étudiants qui souhaitent avoir un campus plus champêtre. En plus de verdir le boulevard Édouard-Montpetit, P.A.U.S.E. produit du miel (le UdeMiel), des légumes et des fruits disponibles pour tous ceux et celles ayant participé au projet. Aussi, inscris-toi sur la liste des jardins communautaires de Montréal. Plusieurs offrent un espace modeste pour y planter ce que tu veux, en plus de fournir les objets et ressources de base. Le tout est gratuit, à condition que tu t’impliques!

PS. Si tu n’as ni temps ni espace, mais que tu souhaites définitivement manger local, inscris-toi aux paniers économiques de l’Action humanitaire et communautaire (AHC). On te propose chaque semaine un panier bien rempli de fruits et légumes (surprises!) locaux à un prix fort modique. Tu n’as qu’à venir chercher ton panier à l’UdeM après ton cours!

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

J’ai cette tendance à écrire de long en large, ce qui témoigne sûrement du poète qui sommeille en moi. Un poète international, cela dit, ne pouvant s’empêcher de le montrer. Si j’use de beaucoup de mots, ce n’est que pour mieux me défendre, et je garde toujours en tête ces phrases : fais ce que tu dis; dis ce que tu penses; pense avec raison. Sur cette touche philosophique, mon Yin serait la patience, mon Yang l’impulsivité.
Marc-Antoine

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