Épopée hospitalesque | Les Roger - Le blogue des étudiants de l'UdeM

Épopée hospitalesque

3 minutes de lecture

Avertissement : cette épopée peut être brutale et ne pas convenir aux âmes sensibles. Un langage cru sera utilisé.

Lundi 8 mai, 5 h 37 du matin.

C’est étrange, mais c’est par une envie d’uriner que commence mon histoire. Une envie perpétuelle, devrais-je dire, car aussitôt le besoin passé, l’envie me reprend, même si ma vessie est vide.

Lundi 8 mai, 21 h 04.

Alors que j’écoute « Guardians of the Galaxy » (pour me préparer à écouter le volume 2 qui vient de sortir), l’envie perpétuelle est revenue, et en plus je me retrouve avec un mal de dos. Décidément, je deviens vieux. Je finis l’écoute du film assis bien droit sur une chaise et le mal de dos part. Je devrais songer à consulter

Mardi 9 mai, 5 h 48
Comme à mon habitude, je vais uriner de bon matin, mais cette fois-ci ni l’envie perpétuelle ni la douleur de dos — enfin, je crois que c’est le dos — ne veut partir. Brave homme, j’appelle Infosanté au 811.

6 h 03.

J’ai enfin une infirmière sur la ligne. Après avoir lentement pris mes renseignements personnels, elle me dit : « Mais monsieur, dès que ça touche la vessie, il faut aller à l’urgence. »

Suis-je sot!

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6 h 17.

Je saute dans le taxi que ma copine avait appelé pour moi pendant que je me changeais douloureusement.

6 h 31.

Je débarque à l’urgence de l’hôpital Jean-Talon, laissant un généreux 10 $ (« gardez la monnaie ! ») à mon taxi. La douleur augmente alors que je prends mon numéro : 73. Ils servent le 72, je devrais passer bientôt.

6 h 46.

Ces longues minutes d’attente me donnent mal au cœur… au sens littéral. Je plonge aux toilettes et m’agenouille devant la cuvette. Ma dignité reste dans la salle d’attente.

6 h 53.

L’infirmière m’examine enfin. Elle aussi veut savoir quel est mon code postal, pendant que la douleur au bas-ventre atteint son apogée. Je lui gémis mon adresse et lui lance ma carte d’assurance maladie.

6 h 58.

Premier test d’urine infructueux. La douleur au bas-ventre est insupportable.

7 h 02.

On me transfère dans la chambre 7. Sur la civière, je continue à gémir pendant que mon ventre me perce de douleur et que l’infirmière tente tant bien que mal de m’enfiler ma jaquette d’hôpital. Ma dignité me laisse officiellement.

7 h **.

Je perds complètement la notion du temps. Après — ou avant, ou en même temps — avoir vomi le rien que j’avais dans l’estomac, on me donne une dose de morphine. Ensuite, Monsieur docteur arrive et me fait une échographie. C’est sûr, avec cette douleur, je dois être en train d’accoucher.

7 h 59.

La douleur descend enfin. Sur l’échelle de 10, j’étais certainement à 8,89. Je dois maintenant être à 6, ce qui reste supportable. On me dirige jusqu’au scanneur pour voir l’intérieur de mon bedon gonflé. Je ne sais toujours pas ce que j’ai, et l’infirmière non plus d’ailleurs.

8 h 17.

De retour dans la chambre 7 (je crois). La morphine m’a étourdi ; je somnole et perds le fil.

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10 h 38.

Réveil sur mon lit, mais dans le couloir. Je vois mon soluté qui pend au-dessus de moi et les infirmières qui s’affairent dans le couloir. La douleur est partie, mais la dignité n’est toujours pas revenue (j’ai toujours ma jaquette).

11 h 27.

Premier vrai pipi sans douleur de la journée. Je parviens enfin à faire un vrai beau test d’urine duquel je suis immanquablement fier et je le remets à l’infirmière. Le médecin viendra me voir sous peu.

13 h 06.

Monsieur docteur — un autre — vient me voir. Je vais bien, je peux retourner chez moi. Devant cette panoplie d’informations, j’appelle super maman qui vient me chercher.

14 h 00.

De retour chez moi, je prends les pilules qu’on m’a données, sans trop de questions. Je fais mes recherches sur internet et j’apprends enfin que j’avais une pierre aux reins, qui a dû déjà partir. Il va décidément falloir que je change mon alimentation. Mieux vaut prévenir que guérir…

Note pour l’étudiant.e aguerri.e : n’attends pas au dernier moment pour te retrouver à l’urgence! Consulte le Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l’UdeM. C’est moins cher, plus complet et moins long que partout ailleurs. Tu as accès à des services de psychologie, de nutrition, de physiothérapie, de soins infirmiers, de médecine (avec et sans rendez-vous) et même à des analyses de laboratoire!

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Marc-Antoine

Marc-Antoine

J’ai cette tendance à écrire de long en large, ce qui témoigne sûrement du poète qui sommeille en moi. Un poète international, cela dit, ne pouvant s’empêcher de le montrer. Si j’use de beaucoup de mots, ce n’est que pour mieux me défendre, et je garde toujours en tête ces phrases : fais ce que tu dis; dis ce que tu penses; pense avec raison. Sur cette touche philosophique, mon Yin serait la patience, mon Yang l’impulsivité.
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