Le jour où j’ai arrêté d’haïr Maripier Morin - (c) Kathy Chaput | Les Roger - Le blogue des étudiants de l'UdeM

Le jour où j’ai arrêté d’haïr Maripier Morin

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Sourcils parfaits, vie remplie, des émissions et des contrats à n’en plus finir et plein de projets excitants : tant de choses à envier à la belle Maripier Morin, et comment!

Difficile de ne pas avoir une opinion sur Maripier Morin. À moins d’avoir vécu les quatre dernières années dans un monastère au Tibet, tout Québécois sait qui elle est. Propulsée sur la scène médiatique après avoir participé à l’émission Occupation Double (OD pour les intimes) cette chick-là est devenue plus populaire qu’une varicelle dans un CPE.

Occupation double, si vous ne savez pas c’est quoi, vous ne manquez pas grand-chose ! Mais pour le bien de cette histoire, je vais vous expliquer en quoi ça consiste ! En gros, c’est une télé-réalité. Une bonne dose de crêpage de chignon mélangé à une gang d’êtres humains tous plus beaux les uns que les autres, le tout sous le regard de dizaines de caméras et vous avez la recette pour un succès télévisuel.

Avant de comprendre pourquoi j’éprouvais autant de jalousie pour Maripier ‒ parce que c’est ça le fond du sujet ‒ je vais vous expliquer d’où ça vient. J’étudie présentement en communication, en plus d’avoir ma propre émission de radio à la CISM dans l’espoir d’être un jour animatrice à la radio ou à la télévision. Je ne suis pas une beauté fatale et je ne serai jamais assez mince pour être une teneuse de valise au banquier (ce que Maripier a été de 2007 à 2010).

Ça peut être particulièrement enrageant de voir une femme réussir si bien sans pour autant avoir de diplôme dans cette discipline, mais encore plus après avoir participé à l’émission la plus hétéronormative du Québec. Oh, en passant je suis extrêmement queer ! Alors, n’allez pas m’imaginer sur votre petit écran à jouer le jeu de la séduction. À moins que pour la finale, on révèle que la dernière concourante et moi vivions une histoire d’amour cachée et que c’est un couple de même sexe qui remporte le condo au quartier DIX30 ! Remarque, que ça pourrait faire une finale Québecor assez impressionnante!
#JeNeChoisisPasJonathan ! #JeChoisisJoana

Sauf que quand on est jalouse d’une fille qui est partout, il n’y a pas grand-chose qu’on peut faire sans être frustrée. Qu’on allume sa télé ou son ordinateur, qu’on se promène au centre-ville, Maripier est partout st’affaire !

Faut qu’on se l’avoue, être jalouse c’est vraiment loin d’être la sensation la plus agréable à vivre. Ah la jalousie… Je pense qu’après une tourista à Cuba, c’est le pire sentiment de l’univers. (En passant, oui avoir la tourista c’est une émotion ! Un mélange de honte, de tristesse et de douleur additionnées à une bonne dose de mal du pays, le tout avec une odeur latente de gouttière et de piment fort).

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(c) Kathy Chaput

Ça me grugeait tellement dans mes énergies que j’avais en moi que de la colère et aucune place pour de l’ambition !

Un jour, je me suis rendue compte que c’était ridicule, ou plutôt que j’étais ridicule. Je ne vais pas vous dire que je me suis levée au beau milieu de la nuit avec une révélation divine digne d’une scène hollywoodienne. C’est bien beau avoir un diplôme et se dire qu’elle ne mérite pas sa job, car elle, elle n’en a pas, mais cette femme démontre bien comment avec de l’ambition, on peut aller où on veut dans la vie ! Et même avec un diplôme, à la sortie de l’université personne ne va vous dire : Wow un bac en communication sans mention ! J’ai ici pour toi 25 projets avec V, TVA et même Radio-Can !

C’est triste dit comme ça, mais même si on a tous les diplômes de la planète, les jobs ne nous courent pas après. Si on veut travailler dans le monde de la télé, on risque probablement de commencer par L’instant gagnant (si vous n’avez aucune idée c’est quoi, ça prouve mon point) ou par être la fille préposée au café au 17e étage de la tour Radio-Canada.

Si tous les chemins mènent à Rome, ça doit aussi être le cas pour « Salut, Bonjour Matin ».

Ce n’est pas en étant jalouse d’une personne que je vais réaliser mes ambitions. Je disais souvent : elle vole ma job ! Mais à vrai dire, je ne suis même pas rendue à 1 % de ses réalisations de carrière, et même si elle n’a pas de diplôme, la vérité c’est qu’elle a de l’expérience. Et vlan dans les dents pour la leçon d’humilité! Ce n’est pas parce qu’on est à l’université qu’on est une meilleure personne. Pour moi, l’université est un symbole de réussite et je m’y sens chez moi, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. On n’est pas tous faits pour l’université. Alors si j’avais un conseil à donner à ceux qui vivent une situation similaire, c’est tout simplement de lâcher prise. Il n’y a qu’une seule chose qui mérite votre énergie; c’est votre plan de carrière et de mettre un grand A à votre ambition! La haine ne fait que nous aveugler et nous empêche d’observer nos réels buts (wow c’était digne d’un biscuit chinois ça).

De toute façon, je n’échangerais pas ma vie pour la sienne ‒ j’aime beaucoup trop les filles et pas assez le hockey pour ça ! 😉

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Martine

Martine

Jeune exilée de la campagne, je suis un genre d’hybride mi-femme, mi-lionne avec ma chevelure-crinière. Pas mal sûre que si j’étais un Mini-wheat™, je serais givrée des deux bords (défaut de machinerie qu’ils disent). Je compte parmi mes hobbies : aller au théâtre, faire des mauvaises blagues, blâmer le patriarcat, lire des textes qui ne concernent pas la communication organisationnelle et dire beaucoup trop fort, alors que personne ne le demande, que je suis queer et fière de l’être.
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