Rituels du matin

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Kim et Camille… on est comme un combo de sushis. On fait pas mal d’articles ensembles. Et oui, tu nous vois, débordantes d’énergie quand on te croise pour faire une entrevue ou encore pour te motiver à chanter sur le stage le soir du Karaoké! Par contre, on a aussi des côtés plus slow. Comme le matin, avant d’aller à l’université. Disons qu’on est pas… vites vites.

CAMILLE

6h30, trop souvent. Des fois c’est à 8h, si je peux me le permettre.

J’ouvre les yeux au rythme de « Youth » de Daughter, qui me tire de mes rêves les plus insensés et épuisants. C’est loin d’être toujours la même toune. Des fois c’est Gravel le matin, d’autres fois c’est Half Moon Run ou U2. Le genre de matin que je suis certaine de vouloir affronter, il fait froid, l’uni est loin et il fait super chaud sous la couette: j’ai besoin de motivation. Peu importe la musique, faut que tu comprennes que je suis pas une fille du matin. À moins d’être en voyage ou d’avoir une journée beaucoup trop agréable à l’horaire, les matins de semaine sont di-ffi-ci-les.

Souvent je ne dors pas assez. Ma vie se résume à « comment dormir 9 heures en 6,5 heures ». Je suis « poquée », je me suis pas réveillée dans le bon stade de sommeil ou j’ai juste pas assez dormi. Ma première étape c’est de trouver mes lunettes, parce que je pense que rien ne m’énerve plus que d’être myope. Avec mon équilibre effroyable (oui oui, j’ai pas écris incroyable) et mon cerveau endormi, je rentre dans les murs et dans les portes s’il fait trop noir. Bref, mes lunettes c’est l’essentiel #1. Je me cache dans ma robe de chambre trop douce, juste pour rendre la séparation entre mon corps et mon lit moins drastique. Ça se peut aussi que mon lapin saute dans ma poche; il a de la difficulté à me laisser aller bien souvent (???). Pis surtout, je ne manque pas des mettre des bas chauds ASAP ; il y a juste en me réveillant le matin que j’ai les pieds chauds, j’en profite!

Je marche traaaanquilllllleeeement jusqu’à la cuisine pour retrouver mon espoir du jour; la cafetière. Depuis que je me suis rendue compte que d’aller à l’université = café, je me suis dit que j’allais économiser en s’il-vous-plaît à m’amener du café filtre de chez nous pour « toffer » ma journée, sans avoir à dépenser pour un foutu café (sauf pour les espressos à Roger-Gaudry ou les cafés filtres du Psychic). Je m’assure d’en boire quelques gorgées avant de m’en aller et je conserve le reste précieusement dans mes (oui, j’en traîne deux) tasses Thermos. Je suis «addict», je l’assume.

J’essaie de manger quelque chose avant de partir, mais bien souvent je passe plus de temps à préparer mon lunch qui pèse 10 livres (je niaise pas) pour affronter ma journée sans avoir à gargouiller ou à dépenser mes économies dans des sandwichs moyen-appétissants. Un plat d’ananas, des céréales, une comporte de pomme, une coupe de fruits, un dîner, des légumes, 4 yogourts (avant c’était 6) et un souper si je dois rester jusqu’en soirée.

Je regarde vite vite la météo pour avoir une idée de ce que je vais porter. S’il fait plus de 15 degrés, je vais penser à mettre une robe, sinon je suis en jeans. Je sais pas si c’est un détail vraiment important, mais faut juste retenir que je regarde la météo. S’habiller, c’est quitter la robe de chambre chaude, et ça c’est difficile. Après, le pire est passé. C’est l’heure de trouver la carte Opus (j’en désespère quelques-uns parce que je la cherche tout le temps), appuyer sur Play sur mon Iphone, et continuer mon processus de café. Le truc c’est d’en boire jusqu’à l’école, comme ça quand j’arrive en cours, mon cerveau commence à s’activer.

Si j’ai l’air terrible, je te rassure, c’est pas aussi pire que ça en a l’air. Il y a des matins où je suis débordante d’énergie, mais… si c’est pour un cours à 8h30, je risque d’être un peu moins enthousiaste.

KIM

6h30: Mon réveil sonne. Une douce mélodie style « nature » sélectionnée dans les tonalités d’alarme de mon cellulaire. J’ai aucune originalité, mais j’m’en fous, c’est le matin. Je me réveille, je me sors des couvertes pour « snoozer ». J’ai froid, du coup je retourne dans mes couvertes. Mon esprit est réveillé, mais refuse de se lever. Je réfléchis à la réelle nécessité de me lever. Est-ce vraiment important? Je passe alors à travers des étapes du deuil:

LE CHOC/DÉNI: Je peux pas y croire. Déjà. J’ai dormi 10 minutes, c’est impossible.

LA COLÈRE: C’est INHUMAIN ce que la société nous impose. POURQUOI on se lève aussi tôt? Pour être esclaves de ceux qui nous exploitent? J’HAÏS LE MONDE.

MARCHANDAGE: Bon. Si je reste dormir ce matin, je promets d’aller à tous mes cours la semaine prochaine.

DÉPRESSION: Ma vie est nulle. J’ai envie de rien faire. Je veux arrêter l’université. Je veux juste dormir, tout le reste de ma vie.

ACCEPTATION: Mmmmok. C’est pas SI pire.

6h45: Bon. Finalement, après une longue réflexion, je m’enlève de la chaleur de mon lit pour me rendre à la cuisine pour préparer mon petit déjeuner; du gruau, des fruits, un thé, des œufs brouillés… Ça varie selon le temps qu’il me reste et mon humeur. Pendant la préparation, je fais mon petit sport matinal. J’ai des applis de sports sur mon cell et j’ai tous les jours une petite routine à faire avec des défis et « tout le kit ». C’est le fun, ça m’occupe pendant que mon déjeuner cuit et ça me permet de faire un peu de sport (tous les moments sont bons depuis que j’ai pris 25 livres)!

7h10: Je mange, tout en étant faisant défiler mon actualité Facebook et Instagram, et parfois en allant voir mes Snapchats. J’aime bien ce moment. Je déjeune juste en face de la fenêtre, à l’heure où tout est calme. Ça fait du bien. C’est rare que tout soit calme.

7h25: Déjà en retard, je file dans la douche! Généralement, je suis plutôt rapide, mais au moment de me sécher… Je m’enroule dans ma serviette et je m’assois sur le rebord de la baignoire. Je peux rester plusieurs dizaines de minutes comme ça. Je repasse mon actualité Facebook et Instagram, mais y a pas grand-chose de nouveau qui s’est passé pendant que j’étais sous la douche. Pas grave, je reste quand même assise-là. Je me laisse sécher.

7h50: PANIQUE. Je dois me sécher/brosser les cheveux, me « maquiller » (= mettre du mascara), trouver quoi me mettre, faire mon sac, me brosser les dents et partir. Il me reste 25 minutes.

8h00: J’ai rien à me mettre. J’ai jamais rien à me mettre. Depuis que j’ai grossi, trouver une tenue est mission impossible. Je cherche longuement, je me change environ 307 fois, puis je remets ce même jean que je porte depuis maintenant 3 jours, avec un chandail quelconque. Je me rappelle qu’il faut que j’aille acheter des jeans. Je me rappelle que je n’ai plus d’argent. Je m’assois sur le bord du lit et je pense à ça. Je suis en retard.

8h15: Je dois partir maintenant. Je suis sûre d’oublier quelque chose. J’ai mon fil de recharge de cellulaire? Bon, c’est le principal. Carte opus? Encore dans mon manteau. Bon, il faut y aller. Je cherche mes écouteurs, j’allume Spotify, puis c’est parti. Une journée à la fois. 

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Les Roger

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