Quémander de l’argent à ses parents en 3 étapes

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Ça arrive souvent. On ouvre son compte bancaire en ligne après plusieurs semaines sans réellement regarder son budget et on pleure. De longs pleurs entrecoupés de rires nerveux et de réflexions philosophiques portées sur l’abandon de l’université. Plusieurs solutions s’offrent à toi, dont tes parents. 3 étapes à suivre pour un succès garanti.

Première étape : La préparation

Avant d’aller voir tes parents, de les appeler ou de les skyper, il faut que tu te prépares. Ces merveilleux êtres qui t’ont donné la vie t’aiment et ne veulent pas te voir dans une situation difficile : c’est LÀ leur point sensible. Cependant, ils te connaissent et savent quand tu exagères ou quand tu mens. Il faut donc trouver un point d’équilibre entre l’émotif et le rationnel.

Pour cela, prépares tes arguments. Réfléchis à la raison de ton besoin d’argent, pense au montant demandé (50$? 250$?) et SURTOUT réfléchis aux contre-arguments que tes parents pourraient amener. Tu les connais aussi bien qu’ils te connaissent, tu sais donc déjà sur quoi attaquer. Imagine-toi dans la peau de ton papa radin qui ne voudra pas te donner un centime et qui appuiera sur le fait qu’un adulte doit être capable de gérer son argent et se débrouiller tout seul. Imagine-toi dans la peau de ta petite sœur encore chez tes parents, qui entendra ta demande et rétorquera qu’« elle, elle n’a pas de scooter alors que toi tu en as eu un, donc étant donné ton avantage immense, les parents n’ont pas à te donner de l’argent ».

La raison de ton besoin d’argent est PRIMORDIALE. Si tu expliques à tes parents que tu as BESOIN d’argent pour pouvoir participer à tous les partys du mois de novembre « parce qu’ils sont cools », il se peut que tes chers et tendres ne soient pas très ouverts à la négociation. Si par contre, tu dis vouloir suivre un séminaire sur l’éveil de la conscience et que ce-dit séminaire coûte le beau prix de 200$, tu as là un bel argument. Nul besoin de préciser que ton programme offre des billets gratuits pour le séminaire en question, ce n’est pas une information pertinente. Non, ce n’est pas un mensonge, c’est une demi-vérité. Ça passe.

Deuxième étape : La négociation

Tu es prêt. Tu lances un appel Skype ou tu viens de te parker dans la cour de la maison familiale. Le stress et l’angoisse accompagnent chacun de tes pas (ou chacune des sonneries de Skype). Tu sais. Ils ne savent pas. Pour entamer le sujet, il existe deux écoles de pensées :

Le fonceur. Tu sais pourquoi tu es là et t’as pas le temps de niaiser. Tu leur dit bonjour, ils te demandent comment ça va, et tu entames la discussion. Tactique 100% honnête, tes parents penseront peut-être que tu ne viens les voir que pour ça. Il faudra donc penser à les rassurer en leur expliquant tout simplement que tu viens les voir parce que tu veux parler de plein de choses, mais que cet élément te stresse et tu veux t’en débarrasser au plus vite. C’est à ce moment-là que tu sors ta liste d’arguments sur ton besoin d’argent. Sors-la dans ta tête hein, pas sur une vraie feuille, ça rendrait la situation un peu trop « weird ».

L’hésitant. Tu sais pourquoi tu es là, mais tu veux d’abord créer le lien. Tu leur dit « bonjour », ils te demandent « comment ça va », et tu parles de tout, sauf DU sujet. Bonne tactique pour créer un lien et tomber dans l’émotif, le mieux est d’avoir préparé pleins d’arguments hyper positifs pour qu’ils soient fiers de toi et de ta réussite. Ensuite, quand vient l’heure du départ, tu lances entre deux bises « au fait, je ne voulais pas vous embêter avec ça, mais j’ai quelques petits soucis d’argent en ce moment et j’aurais besoin d’un peu d’aide… mais vous n’êtes vraiment pas obligés. Je sais que vous avez aussi vos problèmes d’argent ». Émotive, calculée, cette phrase a été approuvée par le consulat des enfants fauchés.

Des parents fiers, ce sont des parents ouverts.

Troisième étape : La gestion émotive du résultat

Si tes parents acceptent, cette étape est clairement agréable. Tu vas surement recevoir un beau virement accompagné d’un message « Gère bien ça ma fille » alors que toutes tes dépenses sont déjà minutieusement calculées ou de « Fais-toi plaisir, pour une fois » alors que ta vie se résume à des dépenses inutiles et impulsives, tournant souvent autour des sushis.

Si tes parents refusent…ne panique pas. Accepte leur décision, endette-toi et souviens toi de ce coup dans le dos lorsqu’ils seront retraités et toi riche. N’OUBLIE JAMAIS.

Non, c’est pas vrai. Tes parents t’aiment – pour la plupart du temps – et veulent ton bien, mais parfois ils peuvent avoir, comme tout le monde, quelques soucis d’argent. Ils peuvent aussi vouloir que tu prennes ton indépendance financière. Tu ne dépends d’eux pour rien, tu mènes ta vie comme bon te semble et tu leur demandes en plus de l’argent? C’est certain que ça peut être frustrant. C’est sûr que c’est « plate », mais ne t’inquiète pas, il y a d’autres options qui s’offrent à toi.

J’espère de tout cœur que ta demande aboutira à une réponse positive! Pour ma part, j’aimerais, à travers cet article, passer un petit message à ma maman qui m’aime et qui est fière de moi. Ta fille est la pire gestionnaire de budget du monde (oui, rien que ça), et Noël qui s’en vient risque d’être compliqué. Je dis ça, je dis rien.

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Kim

Kim

Perdue sur une île dans le Pacifique, je me suis soudainement retrouvée calédonienne à Montréal. J'ai déballé toute mon énergie à comprendre tout ce qui m’entourait et repérer les meilleures places à sushi. J'ai appris à faire ma lessive, payer mes factures et faire un budget pour les repas sushis. Accro aux sushis et allergique à l’inaction, j’essaye d’équilibrer ma vie entre études, relations sociales à la maisonnée, association étudiante et mon chum (et les sushis, mais je crois que je me répète).
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