« Tu parles-tu » québécois?

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Je me souviens de mon premier cours. Milieux de pratique en criminologie. Un mercredi, 8h30. Le prof a commencé à parler et je ne comprenais rien. À un moment donné, les autres étudiants ont ri, et je ne comprenais toujours pas. Le cours a fini, et je n’avais toujours pas compris grand-chose. Ce fut ma première expérience, un peu douloureuse, avec l’accent québécois.

Depuis, les choses ont quelque peu changées… Déjà, depuis le début de mon aventure montréalaise, j’ai tout de suite commencé à ne traîner qu’avec des québécois-es, pour essayer de mieux comprendre leur culture. C’est sûr que je n’ai pas tout compris tout de suite… Je me souviens, certains midis de ma première année, je mangeais avec une gang de québécois-es de mon programme, mais je ne participais pas vraiment aux conversations, j’écoutais, j’essayais de comprendre, de m’imprégner de l’accent, de retenir les expressions… Je leur disais de continuer à parler, même si je ne comprenais pas. Je ne voulais qu’ils se forcent à parler plus lentement ou distinctement – même si tous-tes les québécois-es ont la manie de le faire! – pour que je puisse m’habituer à la diction, à la rapidité, aux mots employés…

J’ai aussi appris à me faire « niaiser » avec mon accent à chaque jour. Oui, à CHAQUE jour. C’est devenu une habitude. On répète ce que je dis avec le « même » accent, on s’amuse de ma prononciation des mots anglais, on me rappelle constamment d’où je viens. Comme si on me remettait à ma place finalement. Attention, je dis pas que les Québécois-es excluent, oh que non! Les Québécois-es sont très accueillants, ils ont l’envie de partager leur culture et d’apprendre sur la mienne. C’est juste qu’on a toujours tendance à remarquer la différence, à la pointer du doigt, et ils n’échappent pas à la règle, mais toujours avec gentillesse.

Quoiqu’il en soit, je suis maintenant dans un entre-deux. Au Québec, on me dit que j’ai l’accent français. Chez moi, on me dit que j’ai l’accent québécois. C’est assez étrange comme ressenti, d’être à la fois de là-bas et d’ici. De sentir que je ne me sentirai plus jamais vraiment chez moi là-bas, et qu’ici, c’est juste un pays d’accueil… Se sentir citoyenne du monde finalement. Les gens qui me connaissent savent mon opinion sur les frontières et le patriotisme, mais c’est comme pas vraiment le sujet de l’article, donc j’vais juste mettre un point… là.

Le québécois, ça s’apprend pas vraiment, ça se vit. Tu ne peux pas regarder en boucle la vidéo de « Solange te parle » que j’ai mise juste en dessous en apprenant par cœur les mots et penser que tu passeras inaperçue. Ici, c’est comme en France, le dialecte change vite, les expressions suivent une mode, les mots se déforment au fil du temps…

Si tu veux te familiariser avec les expressions locales, tu peux t’inscrire et venir à l’atelier « Comprenez les expressions d’ici » qui a lieu le lundi 29 août au pavillon 3200 Jean Brillant, local B-2325, de 15h30 à 17h30!

Je te laisse ici la programmation complète de la semaine A, n’oublie pas de t’inscrire aux ateliers que tu souhaites vraiment faire!

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Kim

Kim

Perdue sur une île dans le Pacifique, je me suis soudainement retrouvée calédonienne à Montréal. J'ai déballé toute mon énergie à comprendre tout ce qui m’entourait et repérer les meilleures places à sushi. J'ai appris à faire ma lessive, payer mes factures et faire un budget pour les repas sushis. Accro aux sushis et allergique à l’inaction, j’essaye d’équilibrer ma vie entre études, relations sociales à la maisonnée, association étudiante et mon chum (et les sushis, mais je crois que je me répète).
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