Se séparer de maman

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Je pense que ça commence à se voir que j’ai une belle relation avec ma mère. En fait, notre relation est encore plus belle maintenant que nous n’habitons plus ensemble, puisque nous n’avons plus à « dealer » avec les petites disputes du quotidien… Mais, je dois quand même dire que la transition a été difficile.

J’ai toujours été un peu une princesse. Pas dans le sens de l’attitude ou du comportement, mais dans le sens de ce que j’ai dans la vie. Il faut savoir que, étant donné que ma maman est une mère monoparentale, elle a dû engager quelqu’un pour s’occuper de moi après l’école pendant qu’elle finissait le travail, et ce, depuis mes 3 ans. Alors j’entends déjà les protecteurs de l’enfance crier au scandale, mais ne vous inquiétez pas, ma mère s’occupait très bien de moi. C’est juste qu’elle a toujours voulu avoir un bon travail pour qu’on ne manque de rien, et… avoir un bon travail, c’est faire quelques sacrifices. Elle ne voulait pas non plus me laisser à la garderie scolaire, elle préférait que je rentre à la maison au calme, pour me reposer, prendre un goûter et aller jouer dehors. Bref, je m’égare un peu.

Ça, c'est ma maman.

Tout ça pour dire que, à partir de mes 3 ans, j’ai eu une nounou qui s’occupait de moi, et faisait un peu de ménage dans la maison. Tous-les-jours. Ensuite, ça a continué pour mon frère lorsqu’il est né, donc jusqu’à que je parte à Montréal, j’avais quelqu’un chez moi tous les jours pour s’occuper de mon frère et faire le ménage. J’la trouve longue ma mise en contexte, mais on y arrive.

Imaginez donc, quand je suis arrivée, et que ma mère est partie. KESSÉ ÇA LE MÉNAGE? Et le lavage? Et faire la commande, seule? Avec un budget? ET PAYER DES FACTURES?

Ok wait. J’ai clairement trop paniqué.

Moment cute. Le lendemain du départ de ma mère qui est retournée au pays, m’abandonnant à mon sort au Canada, j’ai totalement craqué. J’ai appelé sur skype une très bonne amie qui venait d’arriver en France pour ses études, et j’ai pleuré pendant plusieurs dizaines de minutes, juste parce que je ne savais pas comment faire. Je ne savais pas faire. J’avais tellement peur d’oublier quelque chose… peur de l’inconnu, dans le fond.

Sur la route pour aller récupérer mon permis d'étude aux USA... tout un périple!

J’ai réussi à m’en sortir. Pas parfaitement, pas comme je le pensais. J’ai jamais réussi à tenir un budget. En fait, j’en ai jamais réellement fait. J’ai oublié quelquefois de payer des factures, et tu sais ce qui s’est passé? Bah j’ai payé plus cher le mois suivant. Oui c’est chiant, mais ça arrive, et c’est pas grave. Le ménage? J’suis toujours nulle. J’essaye, je fais le minimum, c’est pas génial mais ça passe. Faire l’épicerie et le lavage, ça je maitrise (woot woot).

Ce que j’veux dire par là, c’est que c’est parfois difficile d’emménager seule, loin de ses amis, loin de sa famille. On perd totalement ses repères, et on se rend compte de plein de choses. Croyez-le ou non, je n’avais jamais réalisé qu’avoir une nounou/femme de ménage à la maison tous les jours, c’était une chance. Pour moi, c’était normal que ça ne soit pas moi qui fasse telle ou telle tâche ménagère. C’est difficile de se remettre en question, de me dire que j’étais peut-être trop gâtée. Je pense que l’important, c’est que maintenant je le sais.

Vivre sans ma maman, ça a été une grande étape de ma vie. Ma mère qui gère tout, qui veut tout gérer (peut-être trop…) et qui me laisse me débrouiller d’un coup, comme une grande. MOI. La fille la plus impulsive dans ses achats, wild, un peu immature, qui pense un peu trop à s’amuser. SERIEUX? Ça fait grandir de se retrouver seule, on a comme pas le choix d’arrêter de faire le bébé.

Je suis certaine que je suis pas la seule dans ce cas-là, du moins je l’espère. Donc toi, petite chose gâtée par la vie qui t’en va habiter seule dans un 2 ½, ne t’inquiète pas. T’es capable. Si moi j’y suis arrivée, j’pense que n’importe qui peut le faire.

Au passage, on organise une activité « Budgéter et survivre à la vie en appart » pendant la semaine de la rentrée (mardi 30 août, de 8h45 à 10h15 au 3200 Jean Brillant, local B-2305), et d’ailleurs, j’y serai! Si tu veux voir toute la programmation de la semaine A, c’est ici.

L'illustration de la maturité.
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Kim

Kim

Perdue sur une île dans le Pacifique, je me suis soudainement retrouvée calédonienne à Montréal. J'ai déballé toute mon énergie à comprendre tout ce qui m’entourait et repérer les meilleures places à sushi. J'ai appris à faire ma lessive, payer mes factures et faire un budget pour les repas sushis. Accro aux sushis et allergique à l’inaction, j’essaye d’équilibrer ma vie entre études, relations sociales à la maisonnée, association étudiante et mon chum (et les sushis, mais je crois que je me répète).
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