Deux amoureux de la langue française

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Tous deux gradués d’Ahuntsic, François et Daphnée ont bien voulu me partager leur histoire d’amitié, ainsi que leurs aspirations pour le baccalauréat commun qui les attend en septembre! Parce que « les commencements ont un charme inexplicable »…

Les Roger: Vous êtes amis…. où s’est commencée votre histoire?

François: Assez classique : on s’est rencontrés au cégep Ahuntsic alors que l’on était dans le même programme. On a fait plusieurs projets de classe, dont une pièce de théâtre et une revue littéraire. À force de se côtoyer, ça a cliqué!

Daphnée: En fait, on s’est vus pour la première fois lors de la rencontre pré-cégep, un peu comme aux séances départementales universitaires! Et comme on était très peu dans notre programme d’arts et lettres, soit une dizaine; on s’est forcément rapprochés l’un de l’autre. Et là, c’est merveilleux parce qu’on s’est inscrit tous les deux à l’UdeM, encore une fois dans le même programme, soit le baccalauréat en littératures de langue française!

LR: Avez-vous hâte de commencer en septembre?

F: Pas à peu près! La séance départementale du 31 mai nous a mis l’eau à la bouche! Ça nous a donné le goût d’en apprendre davantage, le plus tôt possible! J’ai vraiment hâte à mes cours de littérature du Moyen-Âge et de poésie!

D: Parfois l’été nous semble long! Pour ma part, j’aspire à faire partie de la troupe de théâtre de l’université et à suivre de façon attentionnée mon cours de grammaire de la langue française! 

LR: Pourquoi avez-vous choisi ce baccalauréat?

F: Tout a commencé en secondaire 3. C’est l’année où j’ai lu le Comte de Monte-Cristo de Dumas. J’ai adoré plonger dans l’histoire et ça demeure un classique qui m’a marqué. L’année suivante, le programme nous a fait découvrir la poésie et ça m’a transformé. J’ai toujours un calepin sur moi, c’est essentiel. J’écris à gauche à droite, les rimes se forment dans ma tête à n’importe quelle heure et je compose. En secondaire 5, mon prof de français avait étudié en littérature à l’université. Il m’inspirait beaucoup et c’est l’année où on a vu la littérature française et québécoise. C’est l’amalgame de ces trois évènements qui m’a convaincu!

D: Quand j’étais jeune, je voulais devenir professeur de français. Alors que je terminais mon secondaire, le directeur des sciences humaines à Ahuntsic est venu nous parler du programme d’arts et lettres et ça a attiré mon attention. Au fil de mon DEC, je savais que j’étais à ma place. J’adore lire, apprendre au travers de la lecture, et ressentir ce que les auteurs dégagent. J’aime particulièrement interpréter à ma façon les textes et laisser cours à mon imagination sans avoir une image fixe. C’est vraiment moi qui déchiffre ce que j’ai sous les yeux! 

LR: Êtes-vous impliqués dans votre entourage ou dans votre communauté?

F: Je fais couramment du bénévolat pour le centre d’aide en français du collège Ahuntsic. En bref, j’ai des discussions avec allophones qui parlent peu français. En passant une heure avec eux, ça leur permet de s’améliorer! J’adorerais aussi faire partie de l’AÉLLFUM, notre association étudiante. Je « tripperais » à ce que l’on ait un compte twitter, question de s’exprimer à gauche à droite! Puis c’est certain que j’aimerais aussi participer à un concours d’écriture si jamais la Francofête me le permet l’hiver prochain! 

D: Pour ma part, je ressens un besoin éminent de défendre la cause de l’homosexualité. Il m’est tout simplement insoutenable de savoir que des gens ne comprennent pas le principe de la liberté dans l’orientation sexuelle. Ce n’est aucunement dangereux et que les gens en aient peur, ça me révolte! Je suis prête à tout donner. Les dernières fusillades, entre autres, m’ont particulièrement percutée. Je suis prête à faire changer les choses, même si ce n’est qu’à petite échelle. Au moins, j’aurai fait tout mon possible. J’aimerais également faire partie de notre asso étudiante à l’UdeM, et qui sait, peut-être écrire pour sa revue littéraire, Le Pied! 

LR: Quelles sont vos principales sources de motivation?

F: C’est vraiment les personnes autour de moi. J’aime être présent pour mes amis. J’écris pour eux, sur eux. J’aime faire plaisir aux gens de mon entourage! 

D: Pour moi, c’est l’ancienne copine de mon père. Elle est atteinte de la fibrose kystique mais ça ne l’a jamais arrêtée. Elle donne son maximum dans tout ce qu’elle fait, elle ne baisse jamais les bras. C’est vraiment un modèle pour moi. Il faut dire que ma famille au complet aussi m’a toujours encouragée et ne m’a jamais laissée tomber.

LR: Est-ce que vous travaillez?

F: Je suis tuteur de français à Ahuntsic pendant l’année scolaire. J’aide les étudiants à faire moins de fautes et à bien comprendre la matière vue en classe. Les figures de styles donnent du fil à retorde à plusieurs! Présentement je travaille aussi pour l’organisme le Sac à Dos, qui aide les personnes en situation d’itinérance à Montréal. J’ai un poste en communication et je m’occupe d’organiser l’évènement Courir pour sortir de la rue, qui aura lieu le 18 septembre, dans ville-Marie et le Vieux-Port! J’espère vous y voir! 

D: Je suis la chef des hôtesses chez Scores à Dorval. J’y travaille avec ma mère. Aussi, je suis souvent demandée sur la scène comme animatrice. J’ai entre autres couvert l’évènement de Cégep en spectacles. J’adore être sur le stage et je me sens vraiment à ma place!

LR: Quel est votre talent caché?

F: Moi c’est pas compliqué : je suis un amoureux de la littérature et toutes les phrases que je fais sont bonnes. C’est vrai! Adolescent, je faisais du sport et j’ai connu l’ordinateur. Mais quand j’étais plus jeune, jusqu’à 13 ans, je lisais tout le temps! C’est en moi depuis longtemps. Les poèmes c’est vraiment là où j’excelle!

D:  Sur le stage, rien ne m’impressionne! Que ce soit devant 20 ou 660 auditeurs, je suis à l’aise et rien ne me fais divaguer. J’adore pouvoir interpréter le discours à ma façon, tout en suivant la ligne directrice. Et si par malheur quelqu’un texte devant moi dans la salle, j’arrête et je lui dit de fermer son téléphone en le regardant dans les yeux! Pas de problème!

LR: Quel est votre endroit préféré pour décompresser?

F: Dehors, sans contredit! J’aime bien le Parc Ahuntsic, c’est un bel endroit pour écrire près du lac.

D: Moi c’est avec mon chat. Je suis une traditionnelle Cat Lady. Tazounette est la vedette de mon snapchat! 

LR: Si vous deviez choisir un mot, votre préféré, ça serait quoi?

F: « blé » — ça représente la vie, la fertilité, c’est doux. J’imagine le vent, le ciel, la couleur or. C’est aussi la richesse. Pourquoi ce mot m’est aussi important? Dans un parc tout près de chez moi, je vais souvent écrire près des blés. L’inspiration me vient facilement.

D: « plume » — ça sous-entend l’élégance, la douceur, l’écriture et les oiseaux.

LR: Amoureux de livres, quel est votre incontournable?

F: Fanfan d’Alexandre Jardin!

D: Moi c’est 24h de la vie d’une femme, de Stefan Zweig.

LR: Votre café, vous le prenez où?

F: Chez moi: c’est un café noir, sans sucre ni lait.

D: Chez moi aussi, mais je mets du lait!

On termine l’entrevue avec nos essentiels points communs :

François et Camille sont tous deux allés au collège Regina Assumpta.

Daphné et Camille ont adoré le film Volver de Pedro Almodóvar.

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Camille

Camille

Fan finie de Pink Floyd depuis trop longtemps, je ne pourrai pas non plus vous cacher que j’ai un faible pour la caféine (chocolat inclus). Mon amour pour l’Italie en est partiellement responsable; pour le reste, je n’oserais jamais avouer que c’est pour me garder éveillée en cours à 8h30. Globe-trotteuse à temps partiel, je fais continuellement le plein d’énergie au travers de mes escapades et de mes rencontres, tant à l’étranger que dans mon cher Montréal.
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