Sable vs Neige

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Avant de partir pour le Québec, j’me faisais plein d’idées à propos de la vie là-bas… Certaines étaient plutôt fondées et se sont confirmées, d’autres… étaient pas vraiment brillantes, j’avoue.

Partie I : Cocotiers vs Sapins

Pour commencer, j’aimerais dire que n’importe quel endroit du globe a de petits préjugés sur les autres pays. On peut penser à l’image du Français avec sa baguette de pain et son béret par exemple. Même si on sait que ce n’est pas représentatif, on fait quand même quelques associations dans notre tête. C’est encore plus vrai pour les endroits qu’on n’a jamais visités. On les connait grâce aux médias, aux légendes urbaines ou de belles recherches  sur les zinternets. En tout cas… Je ne sais pas quels mots clés bizarres j’avais tapés, mais j’avais de nombreux préjugés par rapport aux Québec.

Bon, déjà, pour moi, les territoires québécois c’était la neige. Tout le temps. Même si j’ai assimilé durant ma vie les concepts de saisons, je pensais qu’au Québec il neigeait tout au long de l’année. Un peu comme chez moi, où il fait beau toute l’année. Pas vraiment le même combat. J’avais du mal à associer l’idée de neige avec l’idée du froid. Quand on ne sait pas ce que c’est le « vrai » froid, on ne peut pas vraiment l’imaginer. Du coup, je pensais que la neige tombait en continu, que ça recouvrait les rues, et par conséquent, je voyais mal des voitures évoluer dans cet environnement-là. C’est donc dans ce contexte qu’est né mon second préjugé…

Moi... dans la neige sur la Place de la Laurentienne.

…Les traîneaux à chien. OK, je me doutais que c’était pas LE moyen de transport privilégié, je savais que les québécois possédaient aussi des voitures, sans savoir comment celles-ci pouvaient rouler dans la neige. Mais tsé… j’pensais quand même que j’allais en voir dans ma vie là. J’pensais pas que j’allais devoir me déplacer dans un trou perdu pour pouvoir faire une « ride » de traîneau à chien. Dans ma tête, certaines personnes se déplaçaient encore en traîneau, même à Montréal, puis stationnaient leurs traîneaux devant leur lieu de travail. J’me disais qu’il existait certainement une entreprise pour s’occuper des chiens pendant la période de travail de leur maître. Bon. J’crois que j’me suis plantée. Mais j’pense que je tiens quand même un concept. D’ailleurs, faites-moi signe, dans les commentaires, si vous êtes « down » de monter une entreprise de garde de chiens de traîneaux avec moi.

Allô toi! Crédit : www.quebecoriginial.com

Au-delà de mes préjugés bizarres, j’étais vraiment excitée à l’idée de me retrouver dans une aussi grande ville. Je me posais un milliard de questions. J’ai l’habitude d’avoir un bon contact avec les gens, et je me demandais si les québécois-es étaient aussi accueillants que la rumeur le disait. Je confirme maintenant que oui.

J’imaginais voir de grands « buildings », des immenses Starbucks (non, ça n’existe pas chez moi). Je voulais voir une ville active, excitée. Je voulais voir des gens plein de revendications, des gens qui veulent changer des choses. J’espérais être prise dans un tourbillon d’une ville pleine d’action. Je me disais, à ce moment-là, que j’étais vraiment chanceuse de pouvoir intégrer mon premier choix de programme dans mon premier choix d’université.

Finalement, après presque un an et neuf mois à Montréal, je m’estime toujours aussi chanceuse. Maintenant, je sais que la neige ne tombe que six mois par an, ET QUE C’EST BIEN SUFFISANT AINSI. Je sais que les traîneaux à chiens ne sont plus à la mode dans le centre-ville. Je sais aussi que Montréal se trouve être une ville active où les événements se succèdent. Finalement, je sais que je ne me suis pas trompée. Montréal ne sera peut-être pas la ville de ma vie, mais c’est parti pour l’être.

Encore moi!

Photo à la une par Alexandre Girardeau- France
Grand Prix / Gagnant dans la catégorie : Carte Postale du Concours de photos du BEI 2015-2016. Maitrise en Sciences de la Communication

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Kim

Kim

Perdue sur une île dans le Pacifique, je me suis soudainement retrouvée calédonienne à Montréal. J'ai déballé toute mon énergie à comprendre tout ce qui m’entourait et repérer les meilleures places à sushi. J'ai appris à faire ma lessive, payer mes factures et faire un budget pour les repas sushis. Accro aux sushis et allergique à l’inaction, j’essaye d’équilibrer ma vie entre études, relations sociales à la maisonnée, association étudiante et mon chum (et les sushis, mais je crois que je me répète).
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