Mon petit bout de Bonneau

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Certains parmi nous avons été mis en contact avec le bénévolat par l’entremise de nos parents, alors qu’ils avaient espoir de nous inculquer les fameuses « bonnes valeurs ». Pour d’autres, c’était dans le cadre d’un cours au Cégep où l’on devait remettre un travail sur notre expérience, ou encore dans le but d’améliorer son CV. Peu importe la raison ou le moment, ce qui compte au bout de la ligne, c’est que ça apporte beaucoup, tant aux autres qu’à soi.

« C’est en septembre 2014 que j’ai décidé de me joindre à l’équipe des bénévoles de l’Accueil Bonneau. Je venais tout juste de commencer mes études universitaires en psychologie à l’Université de Montréal et j’étais à la recherche d’un endroit où je pouvais venir en aide aux autres. Encore aujourd’hui, je réalise qu’aider les autres directement, gratuitement, et volontairement, était la chose la plus gratifiante que je crois avoir fait de ma vie. Chaque mercredi, je m’en vais au Vieux-Port de Montréal aider mes amis, comme je les appelle, les sans-abris.

Après une première journée là-bas, j’ai senti que ma contribution à l’organisme et « aux gars » eux-mêmes était appréciée au plus profond de leur cœur. Le simple fait de leur parler, de leur sourire et de les faire se sentir bien. Ce sentiment de satisfaction est tout aussi valable pour moi lorsque je réussis à leur trouver un jeans assez long, une paire de bottes ou de chaussures de course de la bonne taille, à les écouter parler et connaître leur histoire. Les sourires et les mercis qu’ils me rendent; je me rends enfin compte que je peux faire une différence dans ce monde frénétique qui malheureusement, ne s’arrête pas souvent à aider ou à regarder la réalité bien en face.

Je n’ai pas toujours envie de me lever pour aller à l’université tôt le matin ou encore pour étudier toutes les fins de semaine. Toutefois, il n’y a pas un mercredi qui me tient au lit. J’ai toujours ce petit sourire en me levant, me rappelant que c’est ma journée Bonneau; une journée que je choisis et qui fait du bien, tant à moi qu’aux gars. »  

Témoignage que j’ai remis au directeur général de l’Accueil Bonneau, monsieur Aubin Boudreau, alors que j’étais dans le feu de l’action en mars 2015.

Certains d’entre eux m’ont particulièrement marquée. Je pense entre autres à un qui, depuis sa toute première visite au vestiaire, voulait toujours attendre que je sois libre pour pouvoir le servir au comptoir. Super souriant malgré tous ses malheurs, la première fois que je l’ai connu, il s’était fait mettre à la porte de son appartement et il était coincé dans la consommation. Bien que les temps lui étaient pas mal durs, il marchait deux heures le matin, même à -20°, pour se rendre à sa job à l’autre bout de la ville, n’ayant pas assez pour se payer un billet de métro. À peine quelques mois plus tard, il est revenu me voir, toujours souriant, et m’a annoncé qu’il s’était trouvé un appartement, qu’il ne consommait plus et qu’il partait pour l’été en Colombie-Britannique pour y travailler. C’est dans des moments comme ceux-là qu’on peut ressentir une dose de bonheur dans ce que l’on fait. #cheesybuttrue

Mon principal défi a été de faire face à une réalité qui m’était jusqu’alors inconnue. Je n’avais jamais vraiment côtoyé de sans-abris et on m’avait toujours appris à ne pas parler aux mendiants dans le métro. J’ai progressivement compris, à force de connaître les expériences de certains d’entre eux, leur réalité quotidienne. En ayant fréquenté des institutions privées depuis le primaire, je n’étais jamais vraiment sortie du monde dans lequel je vivais pour faire face à la pauvreté. J’ai réalisé à quel point je pouvais être choyée et que j’avais eu de la chance d’être où j’étais.

Car ce n’est pas une question d’intelligence ou d’éducation qui détermine si on devra faire face à la réalité de la rue un jour. Tout le monde peut vivre une infortune et perdre ses biens. J’ai donc appris à apprécier davantage tout ce que j’avais et à soutenir ceux qui faisaient des efforts en ayant si peu. Je me sentais au bon endroit pour aider et pour faire une différence. D’échanger, de rire et d’offrir les articles nécessaires à un autre être humain, c’est loin d’être un  effort pour moi. Je le considère comme un échange qui me ressource.

Même si ce n’est qu’une heure par semaine, je pense que de donner un peu aux autres permet de faire une différence. Si jamais vous avez une cause qui vous tient particulièrement à coeur, foncez! Et si vous n’êtes pas trop certain des options possibles, allez donc faire un tour sur le site du Réseau de l’action bénévole du Québec : ils ont un répertoire d’organismes par secteur d’activité ou par région. C’est pas mal cool. Il y a aussi la campagne Mes beaux moments, mise sur pieds par la Fondation Rideau Hall, qui permet de se créer un moment de générosité pour redonner à sa communauté. Et pas si loin de nous, il y a aussi des façons de s’impliquer sur le campus : rendez-vous à l’Action humanitaire communautaire. D’ailleurs, si vous avez envie de vous trouver des possibilités d’implication, c’est la Semaine de l’action bénévole qui commence aujourd’hui et des dizaines d’organismes seront sur le campus

Si jamais vous avez des idées ou des anecdotes à partager, écrivez-moi en commentaires. Ça me fera plaisir d’en savoir plus sur ce qui vous fait vibrer!

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Camille

Camille

Fan finie de Pink Floyd depuis trop longtemps, je ne pourrai pas non plus vous cacher que j’ai un faible pour la caféine (chocolat inclus). Mon amour pour l’Italie en est partiellement responsable; pour le reste, je n’oserais jamais avouer que c’est pour me garder éveillée en cours à 8h30. Globe-trotteuse à temps partiel, je fais continuellement le plein d’énergie au travers de mes escapades et de mes rencontres, tant à l’étranger que dans mon cher Montréal.
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